vendredi, 06 juillet 2012

Solidaires du Monde en vidéo à Solidays !

 

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Lors de notre dernier billet, nous vous avons proposé une petite sélection de photos exprimant les moments de partage connus à Solidays. 

Aujourd’hui, nous vous proposons ces mêmes instants d’échanges au travers d’une vidéo réalisée par notre « capteuse » et « monteuse » de choc, Virginie Robert, que nous remercions vivement au passage, tout comme Jérôme Martin, notre blogueur et animateur émérite. 

Bon visionnage !



Solidaires du Monde au Solidays - Edition 2012 par solidairesdumonde

Solidays : Interviews croisées de trois acteurs du Sud investis dans la lutte contre le sida

Solidays_acteurs-sud.jpgA l’occasion de l’édition 2012 du Festival Solidays, nous sommes allés à la rencontre des acteurs du Sud. Invitées par leur partenaire Solidarité Sida, toutes les associations africaines présentes au village associatif ont témoigné de leur engagement, permanent et sans faille, dans la lutte contre le VIH et le sida.

Nous avons poursuivi plus longuement la discussion avec trois représentants d’association, abordant leurs aspirations personnelles et leur sentiment sur l’état de la solidarité dans leur propre pays et dans le monde, sans oublier les missions de leurs structures respectives. Si tous affichent une détermination évidente dans leur combat contre le VIH, ils regrettent bien souvent l’insuffisance des moyens, financiers ou matériels. 

Voici les propos croisés de Raphaël-Marie MASOKI, Président de l’association AFIA Santé, basée en République Démocratique du Congo ; de Lou-Yvette ZORRO, Coordinatrice du projet Maison d’accueil au sein de l’association Renaissance Santé Bouaké (RSB), située en Côte d’Ivoire ; et de Doris AGBOTON, Coordinatrice du Centre ADIS de l’association Racines, basée au Bénin.

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jeudi, 14 juin 2012

Solidays : venez témoigner de votre expérience de blogueur solidaire sur notre stand

Logo_Solidays.jpgDu 22 au 24 juin 2012, Solidaires du Monde sera présent pendant les trois jours du festival Solidays, grande manifestation de lutte contre le SIDA.

Si notre présence est une opportunité de continuer à faire connaître la plateforme, elle est aussi idéale pour rencontrer associations, militants, bénévoles...

Faire connaître la plateforme, mais aussi vous faire connaître : alors si vous, blogueurs de Solidaires du Monde, allez à Solidays, passez sur notre stand pour une interview express que nous relaierons sur la plateforme et les réseaux sociaux ! Et n’hésitez pas à nous adresser un mail à contact@solidairesdumonde.org pour caler un rendez-vous avec nous !

Pour nous retrouver : Stand 45 du Village Associatif.

Bien évidemment, nous vous communiquerons très prochainement le programme complet de notre présence sur le festival, avec en point d’orgue la présence de notre blogueur émérite Jérôme Martin.

Pour accéder à toutes les informations sur le festival Solidays : http://www.solidays.org/.

Et pour les accès au site et les horaires, c’est par ici : http://www.solidays.org/pratique/acces-horaires/.

mardi, 28 juin 2011

Solidays : interviews des acteurs du Sud

newsletter_solidays.pngEn marge des Solidays qui se sont déroulés du 24 au 26 juin derniers, nous avons rencontré plusieurs membres d'associations du Sud luttant contre le VIH/Sida.

Leurs actions incluent la prévention, l'écoute des personnes infectées, les conseils prodigués aux populations, quelque soit leur sexe, âge ou condition sociale. Retrouvez les 3 interviews réalisées pour le blog Objectif Développement en partenariat avec Solidarité Sida :

 

Retrouvez-les aussi pendant le festival avec notre vidéo best of !

Vous pouvez également visionner toutes ces vidéos en suivant ce lien dédié sur le site Objectif Développement et n'hésitez pas à leur laisser des messages de soutien.

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jeudi, 23 juin 2011

Solidays : rencontre avec des associations du Sud

En préparation des Solidays qui se tiendront ce week-end du 24 au 26 juin, nous avons rencontré les associations et ONG invitées par Solidarité Sida. Elles seront présentes sur le festival pour dialoguer avec le public sur le thème du VIH/Sida et sa prévention, en expliquant les actions qu'elles mènent dans leurs pays respectifs.

Pour commencer, regardez notre première interview avec Agnès Dakin, directrice exécutive de l'ONG Chigata en Côte d'Ivoire.
Cette association, dont le nom signifie "espoir" se consacre aux enfants infectés par le virus du VIH Sida au niveau médical et psychosocial. Elle leur donne au quotidien de l'aide pour améliorer leur conditions de vie : aide alimentaire, aide psychologique et médicale mais également aide à l'éducation.
Dans ce pays qui vient de subir de grandes difficultés politiques, des associations comme Chigata font un travail indispensable et très courageux.

N'hésitez pas à laisser des messages d'encouragement et de soutien à Agnès dans les commentaires. Vous pourrez la rencontrer au village des associations à Solidays du 24 au 26 juin 2011 !

+ Solidays

 

 

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vendredi, 08 octobre 2010

Le financement de la lutte contre le sida en questions

Partie 4/4 – Du colloque au Collège de France : Quel est l’avenir à long terme de l’épidémie du Sida ?


Eric Fleutelot, Directeur Général Adjoint International, Association Sidaction


Eric Fleutelot s'inquiète du financement de la lutte contre le Sida. Pour lui, l'incertitude est immense. Les progrès accomplis vont-ils être stoppés ? On constate une fatigue des donateurs. On en a fait beaucoup. Trop pour certains...

 

 

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Eric Fleutelot, Directeur Général Adjoint International, Association Sidaction

 


Il reste aujourd'hui 10 millions de personnes sans traitement pour 5 millions de personnes traitées. D'ici 2015, ce ne sont pas moins 21 millions de personnes qui auront besoin d'un traitement notamment du fait de l'allongement de l'espérance de vie des malades. Cela a effectivement un coût. Mais c'est également nécessaire car sinon pourquoi faire un test si les chances d'être soigné sont nulles ? La menace d'une reprise de la contamination est donc bien réelle.


La situation est elle désespérée ? Pour Eric Fleutelot il y a de l'espoir mais il  y a urgence. Les discussions des bailleurs de fonds sont donc particulièrement attendues.


Une taxe sur la spéculation financière même minime suffirait à remplir les OMD (Objectifs du Millénaire pour le Développement). Elle va être prélevée mais encore faut-il que l'argent dégagé aille bien aux OMD. Autres pistes à explorer : un élargissement des domaines touchés par les taxes d'avion, réduire le coût des médicaments, développer l'offre des génériques.


Des marges de manœuvres sont possibles dans tous les cas.



Stefan Emblad, Director of Resource Mobilization, Global Found


Comme le rappelle Stephan Emblad, pour l'aide au développement on commence toujours à zéro.


En 1996, ce sont 300 millions de dollars qui ont été attribués à la lutte contre le sida. En 2008, quelque 15,6 milliards ont été investis.


Le Fonds mondial a été créé en en janvier 2002 pour augmenter très fortement le financement global en matière d'intervention contre le Sida, le Paludisme et la Tuberculose. Certains engagements vont jusqu'en 2015. La France est le deuxième bailleur du fonds mondial avec 2,5 milliards de dollars.

 

 

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Stefan Emblad du Fonds Mondial au côté de Jean-François Delfraissy

 

 

Pour la période de 2008-2010, 9,7 milliards de dollars ont été promis et 10,1 obtenus.


3 scénarios sont maintenant proposés aux bailleurs de fonds :

1- Continuer sur le même rythme en matière de lutte : pour cela, il faudra répondre à un besoin de 17 milliards

2- Pour accélérer l'action ce sont quelque 20 milliards de dollars qu'il faudrait dégager

3- Si la hausse n'est que de 30 % on observera une décélération de l'action menée.


Le principal problème reste les problèmes de déficit que connaissent nombre de pays participant au fonds et la question des arbitrages budgétaires qui en découlent.


Le secteur privé représente 4% du financement du fonds mondial. Une façon de les faire participer davantage passe par la fiscalisation. Mais il serait illusoire de croire que leur participation, même renforcée, puisse suppléer à l'action des Etats.


André Pouilles-Duplaix, Directeur adjoint du Département Technique Opérationnel, AFD


André Pouilles-Dupleix plaide pour une politique publique globale avec une gouvernance globale et des fonds globaux ainsi que des financements innovants.


Comme il le rappelle, la France met en avant l'idée de taxation sur les transactions financières.


 

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André Pouilles-Duplaix, Directeur adjoint du Département Technique Opérationnel, AFD

 

 

Au niveau national les financements innovants doivent apparaitre comme des compléments efficaces. Tout cela doit s'accompagner d'une nécessaire croissance économique.


La France défend notamment le renforcement de systèmes de santé et la lutte pour une meilleure intégration des malades dans les pays à forte prévalence.


André Pouilles-Dupleix a tenu à préciser que la France a fait le choix du canal multilatéral (notamment par le biais du fonds mondial) plutôt que du bilatéral (avec les risques de détournement que cela peut représenter). 6 milliards d'euros sont ainsi prêtés. Le rôle de l'AFD est surtout d'intervenir comme source de financement en soutien technique.


L'avenir des financements de la lutte contre le sida : l'accès universel menacé par Jean-Paul Moatti, INSERM


Pour Paul Moatti 3 messages clés sont à marteler :

1- refuser l'hypocrisie

2- corriger la myopie

3- renoncer au renoncement


 

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Jean-Paul Moatti, INSERM

 

 

1- refuser l'hypocrisie


On va vers une baisse des dépenses de santé par tête même si la hausse de la productivité est prise en compte. Sans poursuivre les efforts en matière d'aide, on ne tiendra pas les engagements.


2- corriger la myopie


Il faut arrêter de raisonner à court terme. C'est le moyen et le long terme qui doivent être considérés comme des priorités.


3- renoncer au renoncement


Des milliards ont été versés aux banques pendant la crise. Jean-Paul Moatti appelle au courage politique avec, par exemple, la mise en place de taxes sur les transactions financières.


L'aide publique au développement est essentielle au-delà des effets buzz (on peut penser aux fondations de milliardaires.)

 

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Et lisez les autres notes de compte-rendus produites sur le colloque :

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lundi, 04 octobre 2010

Sida : vers une prévention plus efficace et de nouvelles stratégies

Partie 3/4 – Du colloque au Collège de France : Quel est l’avenir à long terme de l’épidémie du Sida ?

Intégrer les résistances systémiques aux changements par Michel Carael, Université de Bruxelles, ONUSIDA, Thailande

Pour Michel Carael, il est nécessaire d'intégrer les résistances systémiques aux changements dans le cadre de toute réflexion sur le Sida.

L'évolution des comportements sexuels ne prend pas, par exemple, assez en compte l'évolution du Sida (et notamment des cas d'infections, plus que des morts).

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Michel Carael, Université de Bruxelles, ONUSIDA, Thailande

 

En 2009, 2,6 millions de personnes ont été infectées.

La période entre 2015 et 2040 devrait correspondre à une baisse du nombre de contaminations et de décès.

40 interventions pour prévenir la transmission sexuelle ont été étudiées. 33 d'entre elles n'ont pas d'effet et 6 ont des effets positifs. Seule la circoncision masculine semble être réellement efficace.

Face à ce constat, il semble nécessaire pour Michel Carael de prendre en compte l'évolution des comportements.

Certains chercheurs ont pu parler d'une seconde transition démographique en Europe à la fin des années 60 caractérisée par :

  • le déclin du taux de nuptialité
  • le mariage tardif (25 ans et plus)
  • la hausse des divorces
  • le déclin des remariages
  • la hausse des cohabitations de longue durée

La hausse du taux de scolarisation pour les jeunes femmes est un élément caractéristique de la période. De même qu'une forme d'affaiblissement du mariage. La libéralisation du comportement sexuel féminin partout dans le monde avec des relations plus précoces et une hausse du nombre de partenaires a pu jouer un rôle selon Michel Carael.

Avec les années 60, on constate également une généralisation des méthodes et usages de contraceptifs. Le niveau de scolarisation apparait comme déterminant dans l'âge du mariage. Cependant, avec les effets de la scolarisation, on observe également:

  • une meilleure prévention
  • une plus grande utilisation des préservatifs.


De la stratégie ABC à la réduction des risques par Bruno Spire, Association Aides, INSERM

Pour Bruno Spire, ce qui a fonctionné jusqu'à présent se limite essentiellement à trois actions :

  • la circoncision
  • les actions à destination des usagers de drogue
  • les préservatifs
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Bruno Spire, Association Aides, INSERM


La Stratégie A.B.C. pour Abstain (abstinence) / Be faithful (fidélité) / Condomise (usage de preservatifs) est un échec.  Elle se révèle illusoire et insuffisante.

Bruno Spire défend l'idée d'un élargissement nécessaire et progressif de la palette d'outils. Le pari du préservatif est insuffisant. Comment faire pour ceux qui n'arrivent pas (ou ne veulent pas) l'utiliser régulièrement ? Des pistes existent  :

  • le diaphragme (partiellement efficace)
  • le couple ouvert avec protection partielle (à l'extérieur du couple)
  • le sérotriage (choix en fonction de son statut sérologique)
  • l'adaptation des pratiques sexuelles

La meilleure réduction des risques consiste en fait en l'utilisation d'outils bio-médicaux. Le dépistage est un bon outil de réduction des risques. Pour cela, il faut sortir du monopole de la prévention et du dépistage des centres afin de permettre une acceptation plus facile de l'acte de dépistage. Les dépistages menés sur place ou dans les communautés (notamment par les non soignants) permettent d'atteindre certaines personnes jusque là non testées et de dépister plus précocement. L'expérience menée auprès de la communauté gay s'est révélée concluante.

Reste à améliorer le contexte, à lutter contre la stigmatisation afin de diminuer les risques, et à favoriser le dialogue.

De même, une sensibilisation semble nécessaire en travaillant par exemple avec les acteurs concernés et en utilisant le savoir profane de ceux qui prennent des risques.


La circoncision masculine par Bertrand Auvert,  INSERM, Paris, Université UVSQ

Comme l'a rappelé Bertrand Auvert, certaines études ont montré une corrélation entre les zones où la circoncision n'est pas une pratique en Afrique et les zones les plus touchées par le virus du Sida.

La circoncision permettrait une baisse d'environ 60% des risques chez les hétérosexuels.

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Bertrand Auvert,  INSERM, Paris, Université UVSQ

Les hommes non circoncis ont plus de risques d'être infectés car la surface interne du prépuce est perméable au VIH. La supprimer revient donc à réduire de manière significative les risques d'infection.

La circoncision réduit notablement le risque d'acquisition du VIH des hommes et par ricochet de l'ensemble de la population. Les conséquences potentielles à l'échelle mondiale seraient de l'ordre d'une réduction potentielle de 25 %.

Peut-on concevoir des actions de circoncision ?

Dans les pays ou les hommes ne sont pas circoncis, le taux d'acceptabilité est important, 60% des hommes seraient prêt à sauter le pas. La Corée du Sud est passée à la circoncision en une cinquantaine d'années. Le taux de circoncision y est de l'ordre de 70% (après l'arrivée des américains où 70 à 80% des hommes sont circoncis). Le Botswana veut ainsi une circoncision pour 80% des adultes d'ici 5 ans. Le projet du Zimbabwe est de circoncire 80% des adultes et des nouveau-nés d'ici 2015.

Le coût d'une circoncision est d'environ 30 $ et l'acte ne dure qu'une vingtaine de minutes. Les outils sont jetables. Il n'est pas nécessaire que l'intervention soit réalisée par des médecins ; elle peut l'être par du personnel infirmier. Une mise en place généralisée représenterait un coût d'environ un milliard de dollars sur 5 à 10 ans. Ce qui est en fait très peu et représenterait même, à terme, des économies (en comparaison du coût d'un traitement à vie).  Cela ne vise pas seulement les enfants mais les hommes et les adolescents de cette génération afin d'être efficace dès maintenant. Pour autant, est-ce faisable ? Sans verser dans l'idéalisme, il faut être relativement optimiste.


L'utilisation des Antirétroviraux (ARV) en prévention par François Dabis, ISPED, Bordeaux

François Dabis rapelle les grands temps de la recherche sur les ARV :

  • 96-2007 : les hypothèses
  • 2008-2010 : les modèles et discussions
  • 2011-2015 : la formulation de recommandations
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François Dabis, ISPED, Bordeaux

Pour Francois Dabis, la prévention est devant une impasse due à plusieurs facteurs :

  • le changement des comportements sexuels
  • l'utilisation inadaptée du préservatif
  • les microbicides peu efficaces
  • la circoncision masculine insuffisante

Entre 1996 et 2007 l'introduction des ARV à usage thérapeutique a été lancée notamment en Ouganda.

Une étude a été menée auprès de couples discordants utilisant des préservatifs. Sans trithérapie le risque de contagion par an est de l'ordre de 12 %, avec trithérapie plutôt de l'ordre de 0.5 %. L'efficacité semble donc incontestable.

Le Dr Granich a publié en 2008 dans la revue The Lancet les résultats de ses études qui consistent à utiliser des modèles mathématiques pour étudier l'impact sur l'épidémie du Sida d'une intervention qui consisterait à soumettre annuellement tous les volontaires à un test VIH, suivi d'une mise sous traitement immédiate de toutes les personnes dépistées séropositives. Leur étude a pour contexte l'Afrique du Sud, pays extrêmement touché par l'épidémie où quasiment 1 personne sur 5 est porteuse du virus. Les auteurs concluent que l'épidémie pourrait décroître très fortement jusqu'à l'élimination qu'ils fixent aux environs de 2016.

Il y a des écueils mais si on ne traite que ceux qui ont moins de 350 CD4, on ne fera pas reculer le phénomène de manière efficiente.

Il reste cependant des difficultés d'un tel traitement :

1- Maintien de l'acceptabilité sur le long terme

2- Les risques ?

3- Quel coût ?

Dans tous les cas, les pistes de recherches restent ouvertes.

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Et lisez les autres notes de compte-rendus produites sur le colloque :

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mercredi, 29 septembre 2010

L'usage des antirétroviraux dans le cadre la lutte contre le Sida

 

Partie 2/4 - Du colloque au Collège de France : Quel est l'avenir à long terme de l'épidémie du Sida ?


Les traitements pour soigner, Stefano Vella, Istituto Superiore Di Sanita (Rome)


Comme le rappelle Stefano Vella, en 1994, le Sida semble ne pas pardonner. Le virus est alors la première cause de mortalité des jeunes. Plus tard, le traitement AZT (après de premiers essais in vitro dès 86) semble ouvrir une nouvelle voie autant que de nouveaux espoirs. Pourtant, l'AZT ne marche pas bien. En 1993, la Conférence internationale de Berlin signe un moment de déception collective.

 

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Stefano Vella, Istituto Superiore Di Sanita (Rome)

 

La collaboration européenne ouverte avec l'étude Delta en 1996 ouvre de nouvelles perspectives grâce aux médicaments prothéases. Un premier pas dans la compréhension de la pathogénèse de la maladie est permis. Vancouver 1996 voit également apparaître l'idée d'une utilisation conjointe de trois médicaments : la trithérapie.  Nous nous retrouvons dans une posture d'un « management à long terme de l'infection ». Il n'y a pas de cure possible mais la mortalité est en baisse.

Après 14 ans de trithérapie, il reste beaucoup de problèmes. La question est bien de savoir quand il est préférable de commencer le traitement. (Apparemment le plus tôt possible, mais c'est alors le problème de la détection qui se pose). Depuis deux ans on sait que l'infection du VIH ne se limite pas à l'immunodépression, mais s'accompagne  de maladies inflammatoires chroniques. Reste que la prise à vie d'un traitement comme la trithérapie ne saurait être envisagée comme quelque chose d'anodin pour l'organisme.

3 scénarios sont possibles :

-          Améliorer le traitement chronique des malades

-          La guérison : s'occuper des réservoirs

-          La rémission / vaccins thérapeutiques

 

Un futur a déjà commencé : les antirétroviraux pris comme moyen de prévention. Et une réelle prise de conscience à Durban de l'inégalité entre le Sud et le Nord qui aura permis une hausse de l'accès aux ARV depuis cette date.



Réalités du traitement antirétroviral en Afrique, par Papa Salif Sow, CHU de Fann, Dakar, Sénégal


Pour Papa Salif Sow, la décentralisation des ART est une réalité depuis 2003 jusqu'à aujourd'hui. La mortalité précoce est très élevée ; on trouve des coïnfections fréquentes avec la tuberculose, on note une insuffisance des outils pour conduire le suivi virologique, un faible accès aux deuxième et troisième lignes ARV, une initiation tardive et pour finir, une importante recherche opérationnelle.

Cependant le taux de couverture du traitement antirétroviral reste très contrasté. Le commencement du traitement rétroviral a souvent lieu trop tard. Dès lors, on observe une coïnfection avec la tuberculose pulmonaire et extra pulmonaire au début du traitement retroviral. De même, la malnutrition qui accompagne fréquemment l'infection empêche la bonne prise de médicaments.

 

Parmi  les causes de mortalité précoce on observe :

- les infections bactériennes (ex : tuberculose)

- la septicémie

 

 

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Papa Salif Sow, CHU de Fann, Dakar, Sénégal


On constate également une diminution significative du suivi de traitement avec notamment un fort taux de perte de vue des patients (20% après un an) pour de multiples raisons :

-coût de consultation

-coût des transports

-stade avancé de l'infection VIH


Un meilleur contrôle de la charge virale plasmatique est nécessaire. Et adapter les technologies aux caractéristiques du Sud est une nécessité en intégrant la question de la température, du coût...

 

Le grand défi actuel est bien l'infection longue durée avec ce que cela sous-entend en termes de :

-          Fréquence pathologies non infectieuses sur VIH

-          Déficit plateau technique pour diagnostic : complication risque cardiovasculaire

-          Coût du traitement


Les traitements pour prévenir l'infection à VIH de la mère à l'enfant, par Nicolas Meda, Centre Muraz et Université d'Ouagadougou, Burkina Faso


Comme rappelle Nicolas Meda, dans la dynamique de la transmission mère-enfants, 15 millions de femmes vivent dans le monde avec le VIH. Cela représente deux millions de grossesse et 500 000 enfants affectés.

 

Les risques de transmission sont répartis de la façon suivante :

- lors de la grossesse 5%

-au moment de l'accouchement 20%

-ou de l'allaitement 16% (le risque étant particulièrement élevé avec des allaitements traditionnellement long en Afrique : 12 mois en moyenne)

 

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Nicolas Meda, Centre Muraz et Université d'Ouagadougou, Burkina Faso

 

Dès lors une stratégie de prévention en quatre temps est mis en avant  :

-prévention primaire auprès des adultes

-lutte contre les grossesses non désirées

-prévention transmission mère-enfants (PTME)

-accès aux soins


Si dans les pays riches, en cas de grossesse de femmes séropositives, le traitement est automatique ce n'est pas le cas des pays pauvres. Le traitement ARV n'est réservé qu'aux femmes qui ont une indication de traitement, les plus atteintes, soit une faible partie de la population.

Les antirétroviraux prennent une place centrale dans le traitement de la transmission de la mère à l'enfant. En effet, on n'observe pratiquement pas de cas de contamination lorsque que la charge virale reste basse. Pour cela, comme toujours, le diagnostic précoce est nécessaire. Malheureusement, le taux de femmes testées reste faible dans nombreux pays du Sud, notamment dans certains pays d'Asie du Sud Est.

La PTME est le premier modèle réussit partout. Opter pour les traitements HAART dans la PTME a été un succès dans les pays développés. Coût, innocuité, faisabilité,... mais aussi d'énormes espoirs. Si plus de 1200 enfants sont infectés par le VIH chaque jour, le rêve de naissance sans VIH pour tous d'ici 2015 n'est peut-être pas si loin. A condition bien sûr de régler les problèmes financiers et de moduler certaines directives ambivalentes émanant du nord .


Les enjeux futurs à travers les cohortes de patients, par Geneviève Chêne, ISPED, Bordeaux


En introduction, Geneviève Chêne a rappelé la définition des cohortes : groupe de patients ayant une caractéristique commune.

90% des patients traités le sont de façon standardisée. Les cohortes permettent ainsi une meilleure connaissance de la vie avec le virus et les source de résistance virologique.

Il s'agit d'une excellente plateforme de détection des problèmes émergents. Infections vitales et tabac sont les facteurs de risque les plus élevés.


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Geneviève Chêne, ISPED, Bordeaux

 

Les cohortes ont de multiples intérêts, elles caractérisent notamment les problèmes et les facteurs de bon vieillissement des patients (qualité de vie).

Elles ont par exemple permis d'étudier les causes de décès :

1- sida

2-cancer (poumon, foie, Maladie de Hodgkin..)

3-Hépatite C

4-maladie cardiovasculaire

5-suicide

 

Avec le vieillissement des personnes atteintes, on constate également de forts taux d'ostéoporose et des déficits en vitamine C.

Elles permettent également de suivre et d'identifier les stratégies de dépistage les plus efficaces, ou encore le moment le plus adéquate pour commencer un traitement.

Elles identifient les variations entre les populations. Cela permet d'identifier des populations plus rares ou des populations en progression faible.


3 éléments sont à noter :

- Les cohortes ne caractérisent pas seulement les problèmes, mais également la qualité de vie.

- Elles permettent également d'identifier et de suivre les meilleures stratégies de dépistage et les nouveaux problèmes posés avec identification des variations possibles.

-Elles permettent d'étudier les mécanismes des VIH Controllers (patients séropositifs infectés par le VIH  mais qui ne développent pas le SIDA).


Les cohortes permettent un suivi sur la longue durée extrêmement intéressant. Mais le besoin de financement ne doit pas être négligé sous peine de perdre l'ensemble d'un travail qui apporte beaucoup.

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Cours - Savoirs contre pauvreté

Annuaires des conférences au collège de france disponibles en audio/vidéo

Questions de définition et analyses de cohortes

Prévention de la Transmission du VIH de la Mère à l'Enfant Matériel Générique de Formation

SIDA: Comment faciliter l’accés aux traitements ARV en Afrique

 

Et retrouver les autres notes produites sur le colloque :

L'introduction

Partie 1 : Ce que la science peut offrir dans le domaine de la recherche fondamentale sur le Sida : la questions des vaccins et des réservoirs

Partie 3 : Sida : vers une prévention plus efficace et de nouvelles stratégies

Partie 4 : Le financement de la lutte contre le sida en questions

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lundi, 27 septembre 2010

Ce que la science peut offrir dans le domaine de la recherche fondamentale sur le Sida : la questions des vaccins et des réservoirs

Partie 1/4 – Du colloque au Collège de France : Quel est l’avenir à long terme de l’épidémie du Sida ?


Les vaccins par Yves Lévy, président du comité médical scientifique Sidaction

 

Pour Yves Lévy, la course au vaccin est confrontée à une multitude de difficultés. La première concerne d'abord l'absence de connaissance d'un mode de défense de l'organisme devant ce virus, étant donné qu’on ne connait personne qui a réussi à en guérir. Il n’y a pas de réponses immunitaires existantes, dès lors comment les imiter ? Par ailleurs, pour les entreprises pharmaceutiques ce vaccin présente, semble-t-il, un intérêt limité d’où la faiblesse des investissements. Les caractéristiques du virus jouent également un rôle avec une contamination extrêmement rapide et qui se fait de cellule à cellule. Surtout, il s’agit d’un virus qui mute très vite ce qui n’est pas sans poser certains problèmes dans la recherche d'un vaccin. Face à ce problème, des approches de combinaisons ont été faites pour anticiper les mutations. De même l’étude des cas d’exposés non infectés peut constituer une source de compréhension de la mécanique possible.

Et comment moduler la réponse pour les cellules dendritiques ? L'une des solutions est de tenter de cibler une cellule particulière pour l’induction de la réponse.

Et ne faut-il pas également s'intéresser aux avancées en matière de vaccins thérapeutiques (aussi appelé immunothérapie)? Ce type de vaccin m'empêche pas l'infection mais stimule le système immunitaire. Trois de ces vaccins ont été présentés à la 18e conférence mondiale sur le VIH/Sida à Vienne : les essais cliniques, actuellement en deuxième phase, sont plutôt prometteurs. Deux des essais d’immunothérapie ont notamment montré qu'ils permettent d'améliorer l’efficacité des cellules dendritiques, responsables de la présentation des antigènes du VIH aux cellules immunitaires chargées de se débarrasser du virus.

 

 

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Yves Lévy,président du comité médical scientifique Sidaction, à la tribune



Les réservoirs par Christine Rouzioux, Université Paris et Hôpital Necker, Paris

 

Comme le rappelle Christine Rouzioux, la lutte contre le Sida a besoin de nouveaux médicaments car les antirétroviraux (ARV) ont une limite : ils ne guérissent pas, l’infection reste latente. Les ARV ne font qu’empêcher la propagation mais en aucun cas ils ont une action sur les cellules déjà touchées. La cause de cette impossible guérison, ce sont les réservoirs VIH disséminées dans tout le corps (moelle osseuse, tissu digestif, tissus lymphoïdes …), dans lesquels le virus persiste. Ces cellules contiennent le virus sous une forme latente; il est présent dans le génome de la cellule mais ne se multiplie pas. Dès lors le virus est capable de se répliquer et reste stable au cours du temps.

La production de nouvelles particules virales peut donc être réactivée à partir de ces réservoirs, ce qui constitue une source permanente et dynamique de reprise de l’infection. La recherche s’attelle donc à trouver des médicaments qui toucheraient en profondeur ses cellules détruisant le virus latent et la menace qu’il représente.

 

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Pr. Christine Rouzioux (Virologue à l'hôpital Necker, Paris)

 

Pour Christine Rouzioux l’espoir est permis si on parvient à débloquer la latence (il existe des molécules qui le permettent mais les résultats positifs n’ont pour l’instant pas été constatés in vivo). De même, les HAART (Highly Active AntiRetroviral Treatment) peuvent constituer une piste intéressante. Néanmoins ce type de traitement reste nécessaire à vie ce qui représente un coût pour la société et une contrainte individuelle qui peut pousser la recherche vers d’autres modèles.

 

Eradication ou rémission ?

 

Au sortir de ces deux exposés, la question du choix de l’approche dans le traitement se pose. Si une éradication de la maladie a été observée in vitro ce n’est pour l'instant pas le cas in vivo.  Le choix de privilégier la recherche de la rémission (sur le modèle du Cancer) est peut être préférable. Faire descendre le taux du virus et rendre l’infection non-évolutive. De cette façon, la réduction du nombre des réservoirs est possible, tout comme la préservation du système immunitaire.

 

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Cours - Savoirs contre pauvreté

Annuaires des conférences au collège de france disponibles en audio/vidéo

La recherche d'un vaccin contre le sida sur une nouvelle lancée

Des vaccins thérapeutiques contre le Sida sont encourageants

Cellules ’réservoirs’ : pourra-t-on un jour guérir du VIH/SIDA ?


Et retrouver les autres notes produites sur le colloque :

L'introduction

Partie 2 : l'usage des antirétroviraux dans le cadre de la lutte contre le Sida

Partie 3 : Sida : vers une prévention plus efficace et de nouvelles stratégies

Partie 4 : Le financement de la lutte contre le sida en questions

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19:10 Publié dans Evénements solidaires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : afd, anrs, collège de france, hiv, rémissions, réservoirs, sida, vaccins |