vendredi, 05 novembre 2010

Questionnaire de préparation de la présentation du 08 décembre 2010

mardi, 01 juin 2010

Web Diversity: vivre avec la censure

Autour de Laurent Giacobino, d'Internews Europe ; de Julien Pain, du site Les Observateurs (France 24) ; de Lucie Morillon, responsable de la section Internet et Libertés Reporters sans Frontières et d'Arache Djannati-Atai, Président de Move4Iran, le débat « Vivre avec la censure », lors de la journée Web Diversity le 21 mai dernier, a largement été illustré par la situation iranienne lors des élections de juin 2009.

 

Petit rappel historique

Les élections du 12 juin 2009, reconduisant  Mahmoud Ahmadinejad à la tête du pays pour 4 ans ont été fortement Ahmadinejad .jpgcontestées au niveau national mais aussi mondial. Les résultats officiels donnant 62,6% des voix pour Ahmadinejad contre 33,7 % pour Mir Hossein Moussavi, et 85 % de participation ont été remis en cause, les accusations de tricherie et de corruption se sont propagées à vitesse grand V.

Dès le lendemain, des manifestions civiles importantes étaient réprimées dans la violence.

Pour tenter de contourner la censure en place et révéler les répressions, des milliers d'iraniens ont utilisé les réseaux Internet et mobile comme outils de communication. La mort filmée de Neda Agha Soltan, jeune fille tuée dans la foule par les policiers, a fait le tour de la toile en moins de 48 heures, c'est l'exemple le plus connu. En l'absence de journalistes, les blogueurs et les internautes ont permis aux autres internautes et aux médias de se rendre compte de la réalité de la situation.

 

Une mobilisation sur le web sans précédent

imove4iran.jpgArache Djannati-Atai est astrophysicien, mais avant tout Président de Move4Iran. L'association a pour but d'interpeller et de mobiliser l'opinion publique pour relayer la voix du peuple iranien. Il nous explique que lors de ces élections, les iraniens se sont sentis trahis, et découragés. Le sentiment de solidarité face à l'injustice, selon l'adage « L'union fait la force » a dépassé les frontières et s'est répandu grâce aux nouveaux médias et ont été relayés par la diaspora iranienne dans le monde. L'activisme iranien n'est pas né ce jour là, mais a explosé. Twitter, Facebook, les serveurs Proxy (visant à compliquer la traçabilité des internautes) et tout le partage de photos et vidéos captées grâce aux téléphones mobiles ont traduit l'expression, les revendications et les cris malgré une censure technologiquement maîtrisée.

Comme le rapelle Laurent Giacobino, d'Internews Europe, les outils de la communication activiste se sont modernisés. logo_INE.gifAvant, seule une élite arrivait à contourner le système de censure, mais depuis les élections le noyau a grossi par les échanges de techniques, notamment les serveurs proxy qui permettent le filtrage et l'anonymat. Comme le rappelle Olivier Blondeau dans la conférence Web Diversity sur les outils au service de l'action citoyenne militante, les proxys sont à double tranchant : tant qu'ils restent inconnus et hors de portée du pouvoir ils permettent l'anonymat, mais une fois au main des censeurs, ils permettent d'identifier tous ceux qui y ont recours.

L'enjeu majeur de cette situation est évidement le passage des frontières. Ainsi que la mise en place d'une solidarité numérique internationale, et il ne s'agit pas uniquement de la diaspora iranienne en France mais aussi d'étrangers, simples défenseurs de la liberté, avec ou sans affinité pour le pays. Et logiquement, l'emballement citoyen a entraîné un renforcement de la censure.


Une censure déjà présente, avant les élections

En effet, l'Iran est doté d'armes et de stratégies de censure très professionnelles. Des plus classiques comme le contrôle de l'information et de ceux qui la produisent, grâce à l'interdiction de chaînes de télévision privées, la mise en place de filtres sur Internet comme le blocage, le 13 juin des sites Internet en faveur de Moussavi, mais aussi de techniques plus poussées, avec le DPI (voir plus bas). La marque Nokia Siemens aurait vendu sa technologie de pointe au gouvernement laissant la possibilité de lire les contenus à la fois des mails et des sms... logo_rsf.pngCet ensemble explique en partie, la place de l'Iran dans le classement sur la liberté d'expression de Reporters sans Frontières (RSF), derrière la Birmanie et la Chine, modèles de censure par excellence.


Des techniques de plus en plus poussées, après les élections

Dans son rapport sur l'Iran, Lucie Morillon explique en effet que la situation a largement empirée depuis 2009 avec l'obligation pour tous les fournisseurs d'accès de passer par une seule organisation, la Compagnie des Télécommunication d'Iran (CTI), sous contrôle des Gardiens de la Révolution. Tous les circuits et les opérateurs sont centralisés, les sites Internet bloqués (tel que la BBC en persan depuis janvier 2006 et en anglais depuis juin 2009) selon les critères d'un comité spécial, composé de membres du gouvernement mais aussi du ministère de la Communication et des Technologies de l'Information, du ministère de la Culture et de l'Orientation islamique, du ministère des Renseignements et de la Sécurité Nationale et du procureur général de Téhéran. Depuis les manifestations, le régime bloque MySpace, Orkut.com, Fkickr, photobucket.com, YouTube et bien évidement Facebook et Twitter, considérés comme les principaux instruments  d'organisation de l'opposition et d'appel à la révolte.

Un autre procédé consiste à ralentir la vitesse de connexion pour limiter les possibilités des internautes d'uploader  (envoyer sur des serveurs) des photos ou vidéos. Les autorités se cachent derrière des prétextes comme la loi de 2009 sur la cybercriminalité à outrance, notamment par le biais de l'article 18 prévoyant deux ans de prison et une amende pour « diffusion de fausses informations susceptibles de troubler l'opinion publique ». Aujourd'hui, une douzaine de net-citoyens sont en prison. Fidèle à la lutte contre la liberté d'expression, la presse est utilisée comme outil de propagande du pouvoir et n'a pas d'autre alternative que d'accepter pour exister. Il n'y a pas de couverture, comme l'existence de syndicats pour défendre les journalistes.

La dernière nouveauté date du 10 février 2010 : la suppression de la messagerie Gmail, qui reste cependant accessible via proxy. Le régime proposera en contrepartie une messagerie nationale.

 

La nouvelle bataille 2.0

La bataille est élargie à la défense des cyberdissidents, des blogueurs, des net-citoyens. En 2009, RSF en comptabilise 120 derrières les barreaux. L'association finance les avocats et accompagne les familles, car ces victimes de la censure ne sont plus seulement des journalistes, les manifestants sont des citoyens plus ou moins militant, plus ou moins organisés, plus ou moins techniques. Il est possible qu'un internaute s'exprime pour une cause donnée à un moment donné et n'engage pas d'autres prises de position, à venir.

Le manque de structure et l'individualisme de la prise de position et de la démarche de l'exprimer à aussi son revers, les internautes sont seuls et ensemble à la fois.  Le souci est le danger, plus ou moins conscient, que risque les blogueurs et la défense des valeurs qu'ils défendent. Comme dans chaque lutte, les fruits récoltés se font aussi par la perte de militants...

On peut illustrer cette solidarité également avec l'exemple des photographies partagées et diffusées sur la toile prouvant la torture en Egypte, au point que grâce à elles, une procédure judiciaire a été enclenchée. Une association de blogueurs marocains, a d'autre part réussi à libérer un de ses confrères emprisonné. En Chine les blogueurs ont relayé les informations d'un viol collectif pour obtenir justice.


Entre journalistes et citoyens : les Observateurs

Julien Pain est un ancien de RSF où il a travaillé pendant 4 ans à la tête du pôle nouveaux médias. Aujourd'hui, il estlogo-fr24.png responsable éditoriale du site et de l'émission participative Les Observateurs, lancé en décembre 2007, par France 24. Il nous explique qu'après l'élection en Iran, les blogueurs sont devenus les sources d'informations. En premier lieux, car ils avaient toute légitimité à parler d'une situation vécue de l'intérieur, les concernant directement et ensuite et surtout, parce que les journalistes n'avaient pas d'accréditation et aucun laissez-passer pour entrer dans le territoire et faire leur travail.

Question : Comment parler d'une situation dans un pays, quand on a l'interdiction formelle d'y entrer ? Réponse : Plus de 1 000 blogueurs ont témoigné spontanément, au point que l'on parle de « Révolution médiatique ». Pour les médias extérieurs c'est une chance, mais c'est aussi une certaine complexité dans la mesure de vérification des sources, des témoignages, des informations et toute matière provenant d'inconnus blogueurs. Dans un contexte tendu, où la propagande existe des deux cotés, un travail profond d'enquête et de vérification est obligatoire. Un réseau de confiance avec les internautes iraniens s'est créé au fur et à mesure et s'est agrandi par parrainage. Ces blogueurs devenant les fameux « Observateurs » n'ont aucune obligation de couvrir tel ou tel évènement, il s'agit d'une démarche libre, sous conseils uniquement de la chaîne.

 

Le DPI

RSF nous alèrte enfin d'une technologie de contrôle nouvelle et inquiétante émergante : le Deep Packet Inspection, pratique d'espionnage massive et individuelle, pour servir l'Etat et la Publicité à des fins donc politiques et commerciales.

Selon Wikipedia, le DPI est « l'activité pour un équipement d'infrastructure de réseau d'analyser le contenu d'un paquet réseau (paquet IP le plus souvent) de façon à en tirer des statistiques, à filtrer ceux-ci ou à détecter des intrusions, du spam ou tout autre contenu prédéfini. Le DPI peut servir notamment à la censure sur Internet ou dans le cadre de dispositifs de protection de la propriété intellectuelle. »

Ce dispositif est également très utilisé en Chine et en Tunisie, où est lancé un projet de loi interdisant toute communication avec un autre pays, qui pourrait porter atteinte au pays. A priori, le DPI est en cours d'expérimentation en France et serait installé dans les 6-9 prochains mois, caché derrière une couverture marketing, comme dans un abonnement téléphonique spécifique, peu cher par exemple. D'autres informations sont inquiétantes pour l'indépendance et la liberté à la française. L'entrée de l'Etat au capital et dans le conseil d'administration de Dailymotion par l'Etat n'est pas des plus rassurants.

Ce type de volontés relance le débat de la législation sur la toile : Doit-on ou non imposer des lois mondiales aux internautes, telles qu'elles existent nationalement aux citoyens, comme le droit à l'anonymat par exemple ???

pour aller plus loin.jpg

Le 23/06/2009, Le Figaro: L'Iran censure le net grâce à la technologie Nokia Siemens

Le 27/05/2010, Read Write Web : Anonymat des blogueurs : pourquoi il est inutile de changer la loi : explique la loi française impose déjà aux prestataires techniques de détenir les données pour identifier quel internaute à contribué à un contenu d'un service dont ils sont prestataires.

Le 30/10/2009, Législation Française : Législation sur la communication en ligne, en France.

Le 21/05/2010, WebDiversity, Intervention d'Edwy Plenel : Internet et l'enjeu démocratique

Le 26/05/2010, blog de Rubin Sfadj: Shakespeare, Publius et les blogueurs : même combat ! : explique que le droit à l'anonymat des blogueurs est le même que le droit à l'anonymat des citoyen dans l'urne au moment du vote.

Le 12/02/2010, blog de Rubin Sfadj : Arrêt Tiscali : les prestataires techniques pris en otage : rappelle les évolution des lois Hadopi, Loppsi 2 pour la France et le projet Acta à l'international

http://www.advarnews.us/ : site d'une organisation d'étudiants sur la situation des droits de l'homme en Iran

http://norooznews.ir/ : site d'informations du parti réformateur

http://news.gooya.com/ : site le plus visité sur l'Iran, à l'étranger

Le 12/01/2010, Read Write Web, Le Deep Packet Inspection : pour mieux vous (a)servir ?

Arcep : Site de l'Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes

La quadrature du net : Site de l'organisation de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet.

Retrouvez nos articles :

  • Lutter contre la fracture : l'éducation d'abord : avec Gérard Dantec (ISOC), Jean-Pouly (Agence mondiale de la solidarité numérique), Nadia Mordelet (Marketing et Business Développement Alcatel Lucent), Jean-Patrick Ehouman (Akendewa-Barcamp Abidjan), Yves Miezen-Ezo (Isoc France, Chala), Albertine Meunier (Association Teatime et Toujours pas sage)
  • Journalisme partagé, pluralité et démocratie, avec Benoît Raphaël (Le Post), Alexandre Heully (Cafébabel.com), Amirouche Laïdi (Président du Club Averroès) et Christophe Ginisty (Président d'Internet sans Frontières)
  • Internet et liberté d'expression, avec Elsa Caternet (Internews Europe), Guillaume Desnoes (Co-fondateur de AiderDonner), Nathan Stern (Fondateur de Peuplade.fr), Laure Drévillon (Fondatrice et Présidente de One Heart Channel) et Claire Ulrich (Global Voices)
  • Le Web 2.0 au service de la solidarité : au delà du simple service... avec Thomas Hémery (Solidaires du monde), Elsa Caternet (Internews Europe), Claire Ulrich (Global Voices), Laure Drévillon 'One Heart Channel), Guillaume Desnoes (AiderDonner), Nathan Stern (Peuplade)
  • Web Diversity : les outils au service de l'action citoyenne militante, avec Alban Martin (Co-fondateur et Vice-Président du Social Media Club), Tangui Morlier (Co-fondateur de Regards Citoyens), Olivier Blondeau et Laurence Allard (Auteurs de « Devenir média. L'activisme sur Internet entre défection et expérimentation »)

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mercredi, 28 avril 2010

Etude NTEN sur l'utilisation des médias sociaux par les organisations sans but lucratif

NTEN, le non profit technology network, Common knowledge et The Port réalisent chaque année une étude auprès des organisations sans but lucratif (OSBL) américaines sur le thème de leur utilisation des médias sociaux. La dernière version a été publiée en avril 2010 en anglais, voici ma sélection de quelques points clés de l'étude.


A propos de la méthodologie


Etude menée auprès de 1 173 professionels des OSBL, entre le 3 février et le 15 mars 2010.

Deux groupes de questions ont été posées :

  1. Sur l'utilisation des sites sociaux commerciaux (Twitter, Facebook, LinkedIn...)
  2. Sur la construction et l'utilisation de sites sociaux développés par l'organisation sur son propre site web : les sites sociaux maison

Les réponses émanent d'organisations de toutes tailles dans les secteurs suivants : Arts et culture, associations, éducations, environnement et protection des animaux, santé, services à la personne, organisations de solidarité internationale.

Il s'agit de la seconde édition, ce qui permet des comparaisons et des remarques sur l'évolution des pratiques.


Résultats de l'étude

Les médias sociaux commerciaux

  • 86% des organisations consultées ont une présence sur Facebook. Contre 74% l'an passé.
  • 60% ont une présence sur Twitter, contre 43% en avril 2009.
  • LinkedIn et Yoube sont utilisés comme l'an passé par 48 et 33% des organisations
  • Myspace recule de 26 à 14%

Les organisations internationales sont unanimes sur l'utilisation de Facebook : 97% l'utilisent

  • 46% des organisations indiquent que la collecte de fonds (fundraising) joue un rôle important dans leur choix de présence sur les médias sociaux, juste derrière le marketing de leur association.
  • 40% des organisations confirment avoir levé des fonds sur Facebook mais 78% d'entre elles ont levé une somme inférieure à 1 000$ dans les 12 derniers mois.
  • Facebook est la seule plateforme permettant à des organisations de lever plus de 10 000$ sur 12 mois.

Les médias sociaux maison

  • 22% des organisations disent travailler sur un média social conçu sur le site de leur organisation. Ce chiffre était de 28% l'an passé.
  • Sur le marché américain des médias sociaux maison, les plateformes sur mesure représentent 22%, Drupal 12%, Ning représente 12% (mais Ning est actuellement en train de revoir son modèle économique gratuit...) et 5% pour The Port Networck.
  • Le recours aux médias sociaux maison suppose un effort financier et humain plus important, et plus de temps aussi.
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Extrait de l'étude Non profit social network benchmark survey

 

Les médias sociaux commerciaux les plus utilisés

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Le rôle des médias sociaux commerciaux

  • 92.5% répondent qu'ils utilisent les médias sociaux pour faire du marketing traditionnel. A savoir promotion de la marque, des programmes, des événements et des services fournis.
  • 45.9% répondent que c'est pour faire de la collecte de fonds.
  • Et 34.5% pour distribuer leurs programmes et leurs reflexions.
  • Enfin 24.3% les utilisent pour faire des recherche sur leur marché.


Ressources humaines allouées à l'animation des médias sociaux

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  • 48% des organisations indiquent qu'elles prévoient d'augmenter les ressources humaines allouées à cette activité.
  • 48% affirment souhaiter rester au même périmètre de ressources.
  • 4% des organisations vont diminuer les ressources allouées.
  • Les principales barrières à l'allocation de nouvelles ressources
    • La difficulté à évaluer le retour sur investissement de l'activité.
    • Le manque de pratique et d'entrainement des organisations.
  • Les départements communication et marketing sont les principaux responsables de l'animation des médias sociaux (plutôt le marketing pour les plus grandes organisations, plutôt la communication pour les plus petites).
  • Les principaux indicateurs suivis pour évaluer les résultats sont le nombre de visiteurs amenés sur le site et la taille de la communauté


Les revenus générés à travers les médias sociaux commerciaux


Les médias sociaux comemerciaux tiennent leur promesse en termes de traffic généré, mais pas en terme de collecte de fonds. 77% des organisations ont levé moins de 1000$ sur la seule plateforme qui permette à certains acteurs de lever plus de 10 000$ : Facebook.
Un pourcentage qui mont à 88% pour Twitter.

La taille des organisations n'est pas un facteur explicatif de la réussite ou de l'échec des levées de fonds sur les médias sociaux.

Afin d'améliorer leurs pratiques, 30% des utilisateurs affirment avoir besoin de conseils et d'entrainement pour mieux travailler avec leurs publics sur les médias sociaux.

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Pour obtenir l'étude complète (en anglais) rendez-vous sur le site de NTEN

Quelques conseils pour débuter sur les sites sociaux - 05/05/2010

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19:30 Publié dans Regards sur le web | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : nonprofit, reseaux sociaux, facebook, twitter, ressources, budget, association, ong |

mercredi, 03 mars 2010

Wisertuesday : êtes vous bon utilisateur des réseaux sociaux twitter et facebook?

J'étais mardi soir dans les locaux de la Ruche, quai de Jemmapes à Paris.

Une centaine de mètre carrés pour une cinquantaine de personne, des gens sympathiques et curieux, un peu à boire et à manger : le cocktail parfait pour des rencontres et des échanges intéressants.

Nous étions tous réunis car intéréssés par cette question : comment et pourquoi utiliser les outils sociaux comme twitter ou facebook dans nos activités ?

Cette soirée était organisée par Camilla de Wiserearth, Miora de La Ruche et je crois que Pierre a donné un coup de main.

Parenthèse sur le pourquoi et le comment de la rencontre

Travaillant sur la plateforme de blogs Solidaires du monde (bienvenu ! Vous êtes dessus :-), nous menons sur le blog regards sur le web et sur celui là même, une veille sur l'utilisation d'internet par les acteurs de la solidarité. Du coup nous sommes abonnés à la mailing liste "l'auberge de la solidarité", que nous recommandons à quiconque travaille dans l'économie sociale et solidaire, ou s'y intéresse.

Pour rejoindre ce groupe de discussion : consulter la mailing liste de l'auberge de la solidarité.

Ce groupe de discussion permet de se tenir informer des événements organisés par les associations, entreprises sociales, fondations et autres organisations sur leurs thèmes de travail, des expositions, des offres d'emploi, des communiqués, des coups de gueule, des informations...

Fin de la parenthèse sur l'auberge. Sauf que la soirée de mardi avait son petit côté auberge.

Avant de raconter un peu le déroulement de cette soirée, des mots sur les organisatrices et leur structures.

Les filles !

Tout d'abord merci à elles, car elles ont parfaitement animé cette soirée. J'ai beaucoup appris. Alors que je travaille en ligne avec une petite communauté de blogueurs, l'organisation et l'animation d'un groupe dans lequel personne ne se connait donne de bons points de repères. D'ailleurs, j'anime avec Jérôme de l'association Orcades qui tient le blog Education au développement une rencontre avec des étudiants ce dimanche (organisée par l'association Starting block), je rendrai compte de cette réunion ici même, mais je voulais dire que je m'inspirerai de ce qui suit pour cette réunion avec les étudiants.

Wiser Earth et la Ruche

Une "terre plus sage" ne laisserait pas disparaitre ses abeilles, car elles permettent la fécondation des arbres et des fleurs.

Wiser Earth est une organisation nord américaine, portée par le Natural Capital Institute et l'équipe suivante.

A l'origine, le projet Wiser Earth vise à collecter et réunir des données sur les acteurs du changement. Si vous vous rendez sur leur site (en anglais mais la traduction en français est au programme. Au passage, petit avis aux bénévoles, vous pouvez contacter Peggy Duvette par son mail proposé sur la page équipe mentionnée ci-dessus).

Vous verrez, le site est extrémement riches de données sur des organisations non gouvernementales et associations de protection de l'environnement anglophones. Mais si vous vous inscrivez, vous accéderez à un outil de réseau social très intéressant. Je vous laisse découvrir et nous reviendrons sur Wiser Earth dans un article ultérieur, une fois que je l'aurai découvert moi-même.

 

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La Ruche est un espace (peu ordinaire) collectif de travail et de création pour entreprendre autrement. Un incubateur d'entreprises sociales et une ruche d'entrepreneurs motivés par le changement social.

Procédons par l'exemple : Pierre Emmanuel Grangé (blogueur sur Microdon.solidairesdumonde.org) travaille sur son projet d'arrondi solidaire au sein de la Ruche. Arnaud Mourot, directeur d'Ashoka France et Aymeric Marmorat, fondateur d'Entrepreneurs sans Frontières ont participé à la création du projet. D'autres passionés du projet et des infos sur leur modèle économique.

D'ailleurs je vois que les ateliers font partie des recettes de la Ruche et je suis désolé, car je n'ai été qu'un coût ce soir là ! Je me rattraperai la prochaine fois.

Retour sur la soirée

Arrivée avec 10 minutes de retard, presque tout le monde est déja là. Quelques bonjours furtifs avant de reconnaitre Camilla dont j'ai vu la photo sur sa page tweeter : http://twitter.com/WiserParis. Camilla m'a expliqué qu'il fallait se faire sa carte de visite, avec nom, organisation et trois mots clés. Ensuite, nous avons fait un petit tour de présentation : des gens d'associations, d'ONG, des porteurs de projets, des utilisateurs avertis et des personnes souhaitant en savoir plus, tous les ages avec une moyenne à 30/35 ans.

Ensuite, Camilla nous a demandé de rencontrer 5 personnes que nous ne connaissions pas et de retenir leur nom, organisation, lieu de naissance et plat préféré. Tout cela assez vite. La ruche s'est mise en mouvement.

Après cela, nous avons fait le même exercice avec des post-it et des stylos.

L'occasion de voir le temps et l'énergie qu'il faut pour retenir 20 éléments et le temps dont on dispose en plus lorsque ces éléments sont fixés à l'écrit.

Mais l'enjeu n'était pas tant le temps que l'objet post-it. Une fois que nous avions rempli un post-it avec ces 4 éléments, nous les avons collé sur les murs.

Camilla a alors pris la parole sur la différence entre l'information stockée dans la mémoire de chacun et l'information posée sur un objet mis à disposition de personnes intéréssées : le post-it est devenu un objet social. Dans le cas d'une information en mémoire, l'objet social existe au le moment où cette information est portée dans une conversation. Sa portée est donc plus réduite car éphémère, même si elle se propage entre les personnes.

Une information écrite, disponible en permanence, facilement accessible, réutilisable, est un objet social à plus fort potentiel qu'une information échangée en conversation. L'article cognition sociale de wikipedia aborde le sujet et le schéma ci-dessous propose des exemples de sites web et  d'objets sociaux qui leurs sont associés.


Tableau extrait de "Designing for the Social Web" par Joshua Porter

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Double objectif de cet éxercice

  • accélérer la rencontre des uns avec les autres,
  • faire comprendre l'intérêt et le potentiel qui résident l'objet social à partir du moment ou celui-ci est accessible sur internet, notamment via les outils sociaux comme twitter, facebook ou autres.

Je voudrais juste rappeler ici (grâce à Clay Shirky) que la fonctionnalité "répondre à tous" du mail est une fonction sociale importante comparée au x possibilités offertes par le courier traditionnel, ou même le téléphone (qui a déja fait une téléconférence avec ses amis ???). Le fait de pouvoir mener des conversations à plusieurs sur un même objet : l'email, est déja une fonctionnalité sociale, que nous utilisons chaque jour, presque ?

La suite de la soirée

Nous avons tous posé des questions que nous avons rédigé sur des post-it. Les miennes étaient :

  • comment utiliser twitter pour une campagne de plaidoyer ?
  • comment utiliser les réseaux sociaux pour lever des fonds ?
  • comment utiliser les réseaux sociaux pour sensibiliser les jeunes sur l'alimentation ?


Nous avons tous coller nos post-it sur un tableau blanc. Miora et Camilla ont classé ces post-it par affinité.
Ensuite nous avons fait des groupes pour échanger nos questions et nos expériences sur twitter et facebook.

Voici certaines des réfléxions partagées lors de cette soirée.

Twitter et Faceook ne sont pas semblables, mais se ressemblent un peu quand même :)

Facebook fonctionne plutôt en réseau fermé. Vous avez un groupe d'amis et vous partagez avec eux ce que vous souhaitez. Vous pouvez d'ailleurs choisir de ne pas rendre toutes vos informations disponibles à tous.

L'usage de facebook est le plus souvent personnel ou professionel, rarement les deux. Certains mélanges ont défrayé la chronique.
Les photos et vidéos ont beaucoup d'importance et les fonctionnalités de recherche ne permettent pas une recherche dans les contenus échangés mais principalement dans les contenus descriptifs du profil, du groupe ou de la page fan.

A l'inverse, twitter est une grande messagerie ouverte. Pas instantannée, car l'utilisateur n'attend pas de réponse immédiate, en fait il attend plutôt une reprise différée. Je m'explique.

Sur twitter, quand vous atterrissez, vous allez chercher les comptes des personnes que vous connaissez. Soit parce que vous connaissez leur nom ou leur email, soit leur compte, soit leur organisation.

Mais vous savez bien que vous ne connaissez pas tout à l'avance et qu'il faut avancer en faisant.

Pour cela : http://search.twitter.com est utile. Ce moteur de recherche vous permet de chercher dans le contenu des messages échangés. Du coup, j'ai cherché les mots : "humanitaire", "solidarité internationale", "entrepreneuriat social", "ONG", "écologie", "philanthropie" et je me suis constitué un ensemble de comptes twitter sources dont je reçois les informations dés qu'ils publient. Voir mon compte : http://twitter.com/thomscotch.

Evidemment, si vous parlez d'autres langues, vous pouvez chercher ces mots traduits. L'anglais reste la langue dominante sur twitter mais plein d'autess langues sont représentées.

La première chose à faire est bien d'écouter et de regarder

Ca permet d'apprendre l'utilité des éléments fondamentaux suivants :

  • @ devant un compte utilisateur, type @thomscotch permet d'adresser un message public à un utilisateur
  • RT permet d'envoyer un message que vous jugez intéressant, mais dont vous n'êtes pas l'auteur, aux personnes qui suivent vos messages (vos followers)
  • # devant un mot permet de classer votre message dans la liste d'une recheche par #. Par exemple, en écrivant #wisertuesday, vous verrez que le mot devient un url actif renvoyant vers tous les messages portant mention de #wisertuesday. Mais il faut que l'orthographe soit le même et cette fonction n'accepte pas les accents
  • enfin, les réducteurs d'url sont déterminants dans l'utilisation de twitter. Exemples : http://tinyurl.com/

Je viens de regarder Envoyé Spécial d'hier et comme toujours, on vous rabache que twitter permet 140 charactères. C'est vrai mais si le message porte un lien vers une page web avec un article, twitter devient une passerelle vers des contenus plus longs : textes, photos, vidéos, études, schémas, émissions audio, animation, webdocumentaires... En effet l'unité de base est de 140 charactères, mais celui qui n'utilise jamais de lien ne profite pas de pleinement de twitter.

La plateforme twitter est pour ses utilisateurs, un outil puissant de veille et de signalement de sources d'informations publiées sur internet.

Une fois que vous avez trouvé des sources qui vous intéressent, vous savez que ces personnes vont agir comme des filtres sur l'information. Ces personnes suivent elles-mêmes d'autres sources qu'elles filtrent.

Quand internet tend à devenir le support de diffusion de l'information et la plus grande mémoire d'archives, le problème n'est plus l'accès à l'information mais bien son tri, sa hierarchisation et son organisation. La fonction filtre devient  déterminante. Et ce sont les êtres humains qui accomplissent le mieux cette fonction, en complémentarité de ce que permettent maintenant les machines et les applications web. Il est donc essentiel de suivre les bonnes personnes et de se servir des informations émises par ces personnes pour déterminer leur profil et leurs intérêts. D'où l'importance de l'écoute.

Ce qui est dit ici vaut pour facebook. En effet, une recherche de groupes et de pages fans sur les noms d'organisations et les thèmes qui vous intéressent vous permettent d'établir des liens d'informations directs avec ces groupes et personnes.

Dernier point : le temps.
Si les fils d'information de twitter et facebook privilégient l'instantanéité, la construction de l'utilité et la maitrise de l'usage de ces nouveaux médias prend du temps. Si vous souhaitez actionner ces outils pour organiser de l'information, il faut s'y prendre rigoureusement et régulièrement sans attendre de retour immédiat. Patience et assiduité.


Comme je suis loin d'avoir fait un compte rendu exhaustif des échanges, je vous laisse prendre connaissance de celui de Camilla via Meetup, avec photos à l'appui !

mercredi, 03 juin 2009

Twollars : Une « thank you money » mais pas que …

On vous annonçait dans notre note intitulée « De nouveaux outils pour de nouvelles formes de solidarité : plateformes collaboratives et ouvertes » que le web 2.0 permettait l'innovation dans la solidarité. En voici encore la preuve : le twollar ! Eh oui, les médias sociaux ont désormais leur devise pour aider ceux qui ont en besoin.

Lancé sur Twitter par le jeune Eiso Kant (18 ans) et Mac Taylor, le twollar est défini par ses créateurs comme « quelque chose de neuf et à très fort potentiel qui pourrait aider les autres ». En effet, cette monnaie virtuelle permet de récolter de réels fonds au profit  d'organisations caritatives.

Les créateurs ont pensé que l'énergie sociale qui se trouve sur les réseaux sociaux pouvait être convertie en un standard symbolique. Ainsi, ce standard pourrait circuler comme une monnaie. Twitter n'a donc pas fini de nous surprendre. Ses Twollars semblent prometteurs. C'est positif, c'est social. Et ils permettent de prendre la température des échanges, de l'énergie sociale.

Comment ça marche ?

A chaque fois qu'un tweet est jugé intéressant, utile, inspirant, des twollars peuvent être attribués à son auteur. Le twollar est une monnaie de remerciement et de valorisation sur Twitter.  C'est un standard qui facilite et accélère les échanges.

Ensuite, vous reversez vos twollars à des causes humanitaires qui vous  tiennent à cœur sur le site du même nom. Sur cette plateforme Twollars, vous trouverez diverses ONG. A vous de choisir à qui vous voulez donner votre argent virtuel.

 

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Une fois un certain montant de twollars atteint (défini par l'entreprise qui parraine la cause humanitaire, par exemple 10 000) l'entreprise transforme les twollars en véritable argent sous forme de don. Le monde réel et la sphère virtuelle s'interconnectent pour contourner la crise.

Un système gagnant-gagnant

Tout le monde y gagne :

-         Les entreprises sponsors y gagnent en publicité, en image positive, reconnaissance et capital social par leurs contributions.

-         Les organisations caritatives perçoivent des dons.

-         Les utilisateurs : Ils tweetent et sont remerciés, récompensés de façon symbolique pour leur action quotidienne. Sans grand effort à part tweeter, ils peuvent mener de bonnes actions (les ONG qui recherchent des dons vous le confirmeront, moins le donneur potentiel a de démarches à faire, plus facilement il passera à l'acte).

Ainsi ce système monétaire allie valorisation de l'individu, reconnaissance sociale et philanthropie. La recette de la réussite semble être toute trouvée. De plus, vu le nombre de tweets qui sont postés par jour, ce système a beaucoup de potentiel. On a une possibilité de vitesse de propagation exponentielle. Plus le nombre d'utilisateurs de Twitter augmentera,  plus il y aura de twollars en circulation. La croissance de cet outil semble donc sans limite! A quand alors le tweet à 1 million de twollars ?

 

Concrètement ça se passe comment ?

Très simple d'utilisation, l'utilisation des twollars est expliquée dans cette vidéo

 

Chaque personne a la possibilité de donner et de recevoir à partir d'un crédit de 50 "twollars". Pour cela il suffit de se rendre sur le site de Twollars et d'entrer notre identifiant Twitter ! Là, 50 twollars vous sont automatiquement attribués. A vous de jouer après !

 

Conclusion

Ainsi, des bonnes valeurs sont véhiculées par cette monnaie alternative.  Fondé su le mérite, la solidarité, la connaissance et la reconnaissance, la confiance, le twollar constitue un système qui permet de donner et recevoir. Ce n'est pas un système fermé. Loin de là. Certains même le rêve convertible avec des monnaies virtuelles présentes sur d'autres réseaux sociaux.

Il ne semble donc pas y avoir de fausse note. Alors n'hésitez pas à pianoter sur votre clavier pour quelques twollars...

 

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Pour aller plus loin

http://connecteur.blogspirit.com/archive/2007/12/07/une-i...

http://connecteur.blogspirit.com/archive/2009/02/20/le-tw...

http://twollars.com/

http://www.diigo.com/annotated/3437bac76319884602aa94a80b...

 

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mardi, 28 avril 2009

Médias sociaux pour causes sociales : l'utilisation de Facebook par Danone Communities

Bonjour, j'étais la semaine dernière à une rencontre Danone Communities sur le thème de l'utilisation des réseaux sociaux pour des causes sociales.
Du coup, nous avons beaucoup entendu parler de Facebook et notamment de l'application "Pour un nouveau capitalisme" (référence au livre de Muhammad Yunus, dont la rencontre avec Franck Riboud, le PDG de Danone, a été le début des Danone Communities).

Je vous reproduit ci dessous mes notes, nourrie de quelques liens. N'hésitez pas si vous avez des questions.

Ce petit déjeuner s'est tenu le 21 avril 2009 de 8h30 à 11h à La Cantine avec :

-          Olivier Maurel, directeur de la communication de Danone Communities

-          Le président de l'agence KRDS, leader de la création d'applications Facebook pour des tiers

-          Grégory Pouy, créateur de Culture Buzz

-          Et une cinquantaine de participants issus d'ONG/associations, de médias, d'entreprises et d'agences de communication.

Déroulé :

1. La première partie (qui fait l'objet du compte rendu ci-dessous) était accompagnée de cette présentation
2. La seconde partie était une session de réflexion par groupe sur les problématiques de communication des 4 associations suivantes :

-          La voute nubienne, projet gagnant du jeu « pour un nouveau capitalisme » sur Facebook. L'association promeut la fabrication de construction en terre dans le Sahel

-          1001 fontaines, assoc qui gèrent des projets d'assainissement d'eau au Cambodge

-          SOS Sahel, projets de lutte contre la désertification

-          L'Adie, association pour le développement de l'initiative économique, première association de micro crédit en France


1. Rappel :

Danone communities est un réseau de micro-entreprises qui ont pour objectif de répondre à des problèmes de malnutrition (l'expérience principale est le social business Grammeen Danone Food au Bangladesh - plus d'info dans le livre Pour un nouveau capitalisme de M. Yunus).

Au niveau local, DC se lance dans des projets de co-construction avec des acteurs locaux.
Au niveau de com. globale, ils favorisent le dialogue, l'échange, l'engagement...

Stratégie web de DC :

Le site internet Danone Communities est le cœur du réseau, il dispose des fonctionnalités d'un blog (commentaires, antéchronologie, archives, publication régulière, liens vers blogs externes et autres plateformes : flick'r pour les images, Facebook pour la gestion des relations, Twitter pour les micromessages réguliers ; utilisation de Google docs etc.

Adoption d'une logique crossmédia avec l'irrigation d'un réseau sur plusieurs plateformes web (Twitter, netvibes, Facebook,...)

2. Présentation du président de KRDS : la société leader dans la production d'applications FB à des fins de communication

Facebook  en chiffres :

-          Plus de 200 millions d'utilisateurs actifs (c'est-à-dire qui se sont connectés au moins une fois par mois), la moitié des membres actifs se connectent au moins une fois par jour (la durée de connexion est d'en moyenne 19 minutes)

-          Une croissance fulgurante avec plus  d'1 million d'inscriptions par jour (au Canada déjà 35% de la population et inscrite sur Facebook)

-          Premier hébergeur de photos (loin devant Flickr et autres) : 850 millions de photos uploadés par jour. Il s'agit avec le mail de la première utilisation de FB par les utilisateurs.

-          En France, on compte 9 millions d'inscrits sur Facebook (il y a  un an, on en comptait 2 millions)

-          FB est leader en temps passé, devant tous les autres sites web : 50% des membres actifs passent 19 minutes par jour sur FB (la moyenne, tous sites confondues est de 2 minutes/jour/site)

Quelles entreprises et quelles causes profitent le plus de Facebook ?

-          Des entreprises avec comme exemple le buzz mené par Burger King, des marques comme Nutella

-          Des éditeurs d'applications : les applications et particulièrement les applications de jeux sont les plus populaires. Elles sont majoritairement américaines et anglais pour celles qui suivent : par exemple, l'application « Texas Hold Em Poker » dégage 1 million de chiffre d'affaire par mois (de multiples micro-contribution), cette appli compte 12 315 897 utilisateurs actifs par mois et 424 580 fans.
De toutes les applications, la plus populaire est Living social, elle compte plus de 23 millions d'utilisateurs actifs et 180 000 fans.

-          La troisième application la plus populaire = causes avec 17 M d'utilisateurs actifs. Pour en savoir plus sur l'appli ; Causes ne marche qu'avec des associations enregistrées dans le droit US. L'application permet d'attribuer des dons aux organisations enregistrées. A titre d'exemple, MSF a reçu 14 000 $ de 125 000 membres. MSF est l'ONG qui a reçu le plus de don via Causes.

Le nombre d'applications explose : 33 000 à ce jour.
En 2008, 2 millions d'utilisateurs d'application. En 2009, 34 millions.

-          Des Médias : CNN compte près de 380 00 fans qui reçoivent tous des updates à chaque modification de la page

-          Des causes peuvent aussi acquérir beaucoup de notoriété sur Facebook et générer des dons:


3. Présentation de l'opération « Pour un nouveau capitalisme »  sur Facebook :

L'application est un mini-site à l'intérieur de Facebook. Cette application a été conçue par KRDS et a obtenu le prix de la meilleure application francophone.

Cette opération avait comme objectif :

-          d'attirer l'attention

-          de faire découvrir le social business et l'action de Danone Communities

-          de faire jouer

-          de faire voter

-          de faire partager

-          de recevoir des projets

Lancé au début du mois de décembre (pour mieux l'assimiler à une bonne résolution), cette opération s'est déroulée en quelques mois (le prix a été décerné en mars). L'application « Pour un nouveau capitalisme » a eu 40 000 utilisateurs, 800 fans et 80 projets ont été reçus.
Cela permet notamment à DC d'avoir une base de données déjà constituée qui servira de relais pour les opérations suivantes. Ca n'a donc pas grand sens de ne faire ce type d'opération qu'une seule fois.

Le prix a été desservi à l'association la voûte nubienne qui a pu rencontrer Muhammad Yunus et recevoir un financement.

Ce sont les utilisateurs eux-mêmes qui ont assuré la promotion du jeu, pendant le jeu, Danone Communities a peu participé ; quelques animations éditoriales ponctuelles. Par contre KRDS a très fréquemment remis à jour la page de l'application, afin de générer autant de mises à jour sur les pages de fans de l'application.

L'URL de la slide : http://www.slideshare.net/danonecommunities/social-media-...


4. Les raisons du succès de l'application Pour un nouveau capitalisme

-          L'originalité du concept : c'est à la fois l'originalité de l'application (un mini site sur Facebook, innovation) et le fait d'utiliser Facebook pour promouvoir le social business)

-          Le marché : Les utilisateurs sont sensibles / et en demande, d'applications servant des objectifs de solidarité/développement

-          L'utilité sociale

-          L'expressif : l'application donne aux utilisateurs la possibilité de s'exprimer sur des projets, de donner leurs idées et de promouvoir leurs projets auprès de leur amis.

-          L'intuitif : facile d'utilisation (la simplicité est très importante dans la transmission message)

-          Le potentiel : 9 millions d'utilisateurs de Facebook. Des applications trustées par des jeux légers, encore peu d'applications avec de vraies implications.

Les 12 points à retenir :

1-      « Penser au temps qu'il fait et qu'il faut » : il est important que les cibles s'approprient le sujet dans leur agenda / que la thématique s'inscrive dans un agenda plus large afin de générer des synergies thématiques

  • Lancement au 1er janvier, le moment des bonnes résolutions
  • Récompense de l'effort (pour qu'ils puissent s'approprier l'évènement)

2-      Oser la provocation : « Changer le capitalisme » titre très ambitieux par rapport à la réalité de l'impact de l'application proposée. Le message doit être simple pour bien être compris et repris. Cela permet d'engager des discussions (pour ou contre, et pourquoi etc...)

3-      Dans ces opérations, il doit y avoir une présence discrète de la marque/institution en soutien d'une cause qui la dépasse (pour une marque connue : moins on la voit, plus elle est valorisée).

4-      Mobiliser les ressources en interne. Excellent levier de participation et d'engagement en interne. Porte vers les réseaux personnels des membres de l'entreprise/l'institution.

5-      Générer des notifications multiples et régulières :

  • Venant des utilisateurs eux-mêmes (ex : Il pouvait partager le diaporama avec leurs amis)
  • Réactualisation régulière du profil envoyées par les administrateurs (ex :j- 5 avant la fin de l'opération / nombre de projets reçus etc.)

6-      Plusieurs modalités d'invitation (Push) :

  • Partager en mettant l'activité du profil public « changer le capitalisme » sous le nez de mes amis. Petite révolution du webmarketing car à chaque fois que l'on update son profil, cela actualise toutes les pages de mes amis (mes fans) et ainsi donne une large visibilité (fonction de la taille du réseau)
  • Publier un screenshot sur sa page d'accueil
  • Envoyer des messages dans la boîte de réception Facebook (Très grand taux d'ouverture)

7-      Utiliser la publicité pour amorcer la viralité (ou au moins pour la lancer) : on peut mettre de la publicité sur le côté droit de Facebook + sur le réseau d'application facebook + ailleurs que sur Facebook : en display et/ou achats de mots clés)

8-      Les innovations constantes de la plateforme doivent être veillées pour être mises à profit pour toucher les utilisateurs :

Confier son statut à une plateforme (mais très rare encore car il faut que l'utilisateur ait une totale confiance en la plateforme, donc encore possible que pour des causes)

9-      Les utilisateurs mis à contribution (cône d'expérience d'Edgar Dales) : les gens se rappellent de ce qu'ils font plus que de ce qu'ils lisent ou entendent :

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Exemples de mise à contribution :

-          24 h For Darfour : Ce sont des vidéos qui sont postés par des internautes et soutenue par des messages de stars (Madonna, Brad Pitt, etc...) pour dénoncer ce qui se passe au Darfour.

-          Le Téléthon qui invite les utilisateurs à continuer la vidéo en se faisant passer un cœur (inspirée de la vidéo promo de gmail)

Les vidéos sont plus crédibles quand elles sont réalisées par des personnes lambda / quand elles s'appuient sur leurs productions (pour partie, logique de co-construction).

10-  La rencontre avec M. Yunus, une incentive emblématique, une expérience qui ne peut pas être commercialisée (les leaders d'opinion génèrent plus de conversations que les autres)

Inspiré de  l'opération suivante : 1 article sur un blog génère 10 repas offerts aux restos du cœur

Résultats : + de 150 articles postés, 700 000 visites en 1 mois (les blogueurs sont mis à contribution, leurs articles permettent d'offrir 10 repas).

11-  Le viral et la co-distribution du message par les utilisateurs, un outil à l'efficacité puissant

12-  Buzz marketing : osez la surprise pour attirer l'attention

L'Objectif de l'application était de :

-          Porter l'étendard du social business

-          Créer du dialogue, du débat

-          Réussir à les engager (soit en donnant du temps soit en plaçant de l'argent)

Action également destinée à montrer aux partenaires institutionnels qui apportent à hauteur de 30 millions des capitaux dans la SICAV Danone Communities afin de mettre en avant leur action !

Facebook peut permettre techniquement de convertir facilement en don (ce qui reste plus dur c'est de mobiliser)

La suite : rééditer l'opération en français, espagnol et anglais sur un plus long terme (environ  1an)

S'appuyer sur la base des 40 000 contacts pour lancer d'autres actions.