mardi, 15 mai 2012

[Interview d'une blogueuse solidaire] Cindy Cao : "Faire entendre la voix des populations des Pays du Sud"

cindycao.pngCindy Cao est une pionnière de la plateforme Solidaires du Monde qu'elle connait depuis ses débuts. Communicante, elle utilise son talent pour faire entendre la voix des populations du Sud et part au Tchad en mission pour l'ONU cette semaine...Récit d'un engagement.

Pouvez-vous vous présenter ainsi que votre engagement solidaire ?

Apres avoir fait des études en journalisme à Bruxelles et en relations internationales à Londres, j'ai voulu travailler dans le secteur du développement et de la communication. Je pense que, par l'information et l'appel à la solidarité, la Communication a un rôle à jouer pour contribuer à relever certains défis mondiaux tels que la réduction de la pauvreté, les crises alimentaires, l'éducation, l'environnement, etc.

Apres avoir travaillé dans le secteur du journalisme à Londres, j'ai trouvé un poste à Paris pour l'ONG Aide et Action. Cette expérience m'a convaincue que le développement était un secteur professionnel dans lequel je pourrais évoluer et renforcer mes compétences, tout en travaillant sur des questions qui me tiennent à coeur. J'ai ensuite travaillé pour différentes ONG au Cambodge. Apres un retour rapide en Angleterre, je suis partie sur un projet de documentaire TV centré sur les actions d'ONG variées en Europe de l'Est et au Proche-Orient. J'ai ensuite travaillé pour une ONG française et je pars cette semaine en tant que Volontaire des Nations Unies au Tchad.

Mon engagement solidaire est de relayer et faire entendre les voix des populations des pays du Sud. C'est aussi d'informer sur des situations parfois très graves dont on n'entend peu ou jamais parler en vu de mobiliser la communauté internationale. Enfin, c'est de tenter, dans la mesure du possible et à mon niveau, de contribuer à ce que l'aide au développement soit efficace et bénéficie aux populations auxquelles elle est destinée.

Pourquoi avoir créé un blog sur la plateforme Solidaires du Monde ? Qu'en attendez-vous ?

J'ai découvert cette plateforme au moment de son lancement. Je travaillais alors pour Aide et Action et mon manager à l'époque, Jean-Christophe Nougaret, m'avait encouragée à soutenir les équipes au Togo pour lancer un blog dédié à un projet d'éducation mené par Aide et Action et ses partenaires et soutenu notamment avec l'appui financier de l'AFD. L'expérience a été très constructive et j'ai eu l'envie, avant de partir au Cambodge, de tenir mon propre blog.

Comme tout autre blog, l'idée était d'informer sur certaines questions que je découvrais au fur et à mesure de mon parcours et donc de rédiger des articles en mon nom et qui n'impliquait que mon point de vue indépendant en tant que bloggueuse.

L'intérêt particulier de Solidaires du Monde était d'entrer en contact avec d'autres blogueurs solidaires, de lire les posts d'autres personnes et peut-être d'élaborer des pistes de travail commun ou du moins, d'échanger certaines idées et réflexions. Le thème de Solidaires du Monde était approprié et c'est pourquoi j'ai choisi cette plateforme plutôt qu'une autre.

Les prochains rendez-vous pour les lecteurs de votre blog ?


Je pense relayer les communiqués et autres outils de communication de l'ONU pour tenir informé de la crise alimentaire qui se propage actuellement dans les pays du Sahel dans le cadre de ma mission en tant que Chargée de Communication. Avec les informations récoltées sur le terrain, j'espère donc faire entendre la voix des populations tchadiennes sur leurs espoirs et leurs attentes. J'espère aussi rallier à la cause certains lecteurs et leur proposer des pistes pour agir. Finalement, j'espère informer sur ma vie quotidienne d'expatriée au Tchad et partager mon expérience personnelle.

Je pense également poursuivre ma réflexion sur les "actions directes." Peut-être que mon blog sera rebaptisé ou partagé avec Mathieu Arnaudet qui viendra également travailler au Tchad en tant que volontaire à partir de cet été...

Enfin, j'aimerais ajouter que je suis très satisfaite du service proposé par Solidaires du Monde. Je tiens à remercier Thomas Hémery en particulier pour la formation concernant le blog et d'autres formations que j'ai pu suivre à l'AFD à Paris centrées sur la communication web. Cela a été très enrichissant.

+ Découvrir le blog de Cindy Cao

09:54 Publié dans Blogueurs solidaires, Communication / Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : communication, engagement, cindy cao |

mardi, 14 février 2012

Europe 1 offre une campgane de communication sur son antenne aux associations solidaires

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La radio Europe 1 vient de lancer Europe1Solidarité afin d'aider les associations à faire connaitre leurs actions et projets grâce à une campagne de communication sur son antenne.

Le dossier de candidature est à télécharger sur leur site Internet. L'appel à candidatures (fin le 31 mars 2012) est ouvert aux associations oeuvrant dans le domaine de la solidarité que ce soit la santé, le handicap, le retrour à l'emploi, la lutte contre la pauvreté, ou encore l'accès à l'éducation et à la culture.

Un jury de personnalités composé de Martin Hirsh, Florence Aubenas, Nicolas Poincaré et Stéphane Hessel désignera les gagnants

+ Retrouvez toutes informations et le dossier de candidature sur le site de la radio

18:27 Publié dans Communication / Médias | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : concours, communication |

vendredi, 05 novembre 2010

Questionnaire de préparation de la présentation du 08 décembre 2010

jeudi, 17 juin 2010

Associations, ONG et adaptation au social media

J'ai rédigé cet article suite à la publication de l'article Associations, grandes causes, ONG : quelles relations avec les blogs et les blogueurs? sur le blog Influence Ethique, dont je félicite l'auteur - @_Aurelia - pour son travail et dont je vous recommande la lecture.


Associations, ONG et participation aux sites sociaux

Beaucoup d'associations et ONG se posent la question de leur présence sur des sites sociaux, sites dont les deux fondamentaux sont la relation et le contenu, qui permet à cette relation de se tisser.

Beaucoup d'entre elles sont sur Facebook, Youtube/Dailymotion ou Twitter, car les audiences se sont déplacées vers ces sites, moins nombreuses sont celles qui alimentent régulièrement un blog.

Je dirais qu'une "présence" est facile à assurer et immédiatement observable alors qu'un blog exige un travail dans le temps (donc des ressources) qui peut faire peur ou être sous estimé.

Pourtant, le blog (et les vidéos) est une matrice de l'alimentation et de l'interaction avec ces sites sociaux, je m'explique :

  • Chaque note du blog peut faire l'objet d'une reprise sur Twitter et Facebook
  • Facebook peut être présenté et Twitter peut être repris en élément de colonne du blog
  • Les vidéos publiées sur Youtube peuvent être embarquées dans des notes de blogs et enrichies d'éléments supplémentaires


Utilité du blog dans l'écosystème numérique

Il est donc plus difficile d'assurer sa présence sur les sites sociaux sans rédiger un blog !

  • Cela tient d'une part aux habitudes des internautes. Les jeunes en particulier s'attendent de plus en plus (et sont plus attentifs) à une communication personnalisée, "désinstitutionnalisée" et régulièrement mise à jour. Et pour cela, le blog est idéal.
  • Cela tient d'autre part à une raison technique :  le flux RSS, qui permet d'interconnecter les flux de ces sites sociaux.


Sans blog, mais avec une présence sur Facebook et Twitter, il est toujours possible de médiatiser les vidéos produites (et il faut saluer ici l'effort fait par de nombreuses associations pour se mettre à de la production vidéo), les articles d'actualités, les communiqués de presse ou encore les événements organisés par l'association (pour ce dernier point, le géo référencement est fondamental). Mais avec un blog, il faut reformuler ou remixer ces contenus, ne pas hésiter à en parler plusieurs fois, à les réagencer et à s'approprier les pratiques de la culture web présentées par Lawrence Lessig dans ces interventions vidéos (voir liens dans Pour aller plus loin).

Point avantageux : la plupart des associations et ONG sont productrices de contenu et ont des choses à dire, des témoignages à mettre en valeur, des expériences à partager. Et il y a une évolution de la demande de ces contenus par les publics de ces organisations sur internet. Aux associations de faire leurs évolutions internes. En prenant bien garde de faire dialoguer les jeunes (sensibles et facilement à l'aise avec ces outils) et les plus âgés (expérimentés, porteurs de points de vues riches, mais souvent dédiés à d'autres tâches jugées, pour l'instant, plus fondamentales).

Comme le rappelle Aurélia dans son article, la présence sur les sites sociaux et l'adaptation (ou la production exclusive) du contenu prennent du temps. La première remarque des associations est souvent que leurs services de communication (quand elles en ont) sont déjà dédiés à un certain nombre de tâches et n'ont pas toujours les connaissances (ou le temps d'apprendre) pour animer efficacement ces espaces.

L'Etude Nten sur l'utilisation des médias sociaux par les organisations sans but lucratif nord-américaines, montre qu'elles dédient des mi-temps, voir des plein temps à cette activité. C'est donc une adaptation en terme de ressources à gérer du côté des associations.


Côté économie

Les publics vers lesquels les associations se tournent sont souvent agés.

Le fait est que 80% des donateurs en France ont plus de 60 ans (source : introduction d'Olivier Fleckinger, co-fondateur d'Aider Donner dans la vidéo présentée ci-dessous dans Pour aller plus loin). C'est vrai, il y a le street marketing, qui s'adresse à des personnes plus jeunes, actives, urbaines, le travail étant réalisé par des étudiants. Mais il est réservé aux grandes ONG déja connues, celles qui par ailleurs, disposent déja des droits d'entrée (offerts) dans les agences de publicité.

Restent les petites associations, celles qui ont des difficultés à se financer. C'est de là, à mon sens, que l'innovation viendra.
Remarque confirmée par le fait que sur la plateforme de blogs Solidaires du monde, ce sont surtout de petites associations qui créent leurs blogs, et c'est souvent leur unique présence sur le web, notamment quand elles sont installées en Afrique, sans représentation sur les marchés où l'essentiel des dons de particuliers se fait, soit d'Europe et d'Amérique du nord.

En effet, je me demande si, comme ce qui se passe dans l'univers des médias, nous ne sommes pas dans un moment de transition, un moment qui va voir l'emergence d'organisation en réseaux, avec des structures de coûts différentes de celles que nous connaissons. Pour l'instant en tout cas, l'exigence de performance de la culture marketing (qui est entrée dans les associations, les grandes en particulier) n'est pas satisfaite par les actions sur les sites sociaux. Mais il manque un historique et du recul pour juger de ces opérations et l'étude Nten citée précédement montre le développement de la levée de fonds en ligne. Or celle-ci s'articule autour d'un renouvellement des dispositifs de communication, mais surtout des dispositifs relationnels, de ces organisations.


Kiva.org

Je pense à Kiva par exemple. Cette organisation lève des fonds au Nord et finance des institutions de micro-crédit au sud. Ce n'est pas le même métier que les ONG et associations. Mais voila pourquoi j'en parle : ils ont recours au crowdsourcing, ou approvisionnement par la foule (qui n'est pas très heureux je vous l'accorde). Le crowdsourcing consiste à faire faire par des tiers extérieurs des tâches qui servent l'organisation. Le volontariat est une forme de crowdsourcing. La problématique aujourd'hui pour les associations est de trouver UN MODELE POUR LE VOLONTARIAT EN LIGNE. Pourtant, force est de constater qu'une partie du web 2.0 est fondé sur le don de temps et de connaissances !

Ainsi, comment créer des dispositifs sur internet qui permettent à la solidarité, à l'entraide, au partage, à la répartition des tâches de s'effectuer au profit de la communication, de la notoriété et de l'efficacité des organisations du secteur de la solidarité ?


Les outils sont là ! Il faut les utiliser pour faire grandir l'outillage numérique solidaire.

Pour revenir à Kiva :

  • Ils ont un programme intitulé Kiva fellows, grâce auquel il collecte du contenu par l'intermédiaire de volontaires, qui partent sur le terrain et leur rapportent photos, vidéos, articles de témoignages, d'expériences personnelles, sur les projets financés par les prêteurs sur Kiva ;
  • Ils ont également eu recours à leur communauté pour faire traduire leur portail en différentes langues (comme Facebook d'ailleurs, ce qui pose une question éthique concernant le recours d'organisations fortes riches, au travail bénévole de leurs communautés, sur lesquelles elles assoient déja leurs profits. Laissons cela, car ça m'énerve).


Là je pense aux associations de parrainage et je me dis que j'ai déja rencontré des parrains qui visitaient sur le terrain les enfants dont ils finançaient l'accès à l'éducation. Je crois que ces parrains seraient ravis de trouver un espace leur permettant de publier leur témoignage sur le site de World Vision ou d'Aide et Action.



Dernier point : la veille

Le grand point de départ du web social est la veille : l'écoute d'abord, la participation ensuite.

Quelle veille ? La veille sur les citations des associations (qui parle de moi?), la veille sur les thématiques et les programmes de travail (qui parle des thèmes de mes activités ?), la veille sur les espaces sur lesquels les publics de ces organisations lisent ou prennent la parole : les blogs, les forums, les sites médias, les portails de partage vidéos et photos, les wikis, les sites de partage de favoris comme Delicious, les Twitter, Facebook, Ning, Skyblog...

Cette veille ne nécessite pas d'outil payant. Les flux RSS la rendent facile et rapide. Des agrégateurs comme Netvibes, les alertes Google, les recherches régulières sur les sites sociaux doivent être utilisés pour savoir où les associations peuvent prendre la parole, répondre, enrichir la conversation.

Un exemple, non exhaustif, de veille sur Action contre la Faim :

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Pour accéder à cette page de démonstration : http://www.netvibes.com/thomscotch_veille#Liens_delicious

 

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Dans l'introduction de cette vidéo, Olivier Fleckinger, co-fondateur d'Aider Donner, donne plusieurs chiffres et éléments sur le financement des associations et son articulation avec l'utilisation d'internet par les acteurs caritatifs :

 

Lawrence Lessig sur la culture du remix sur internet (sous titre français disponibles) :

 

Etude NTEN sur l'utilisation des médias sociaux par les organisations sans but lucratif

Présentation : le web au service des acteurs de la solidarité (voir la seconde présentation)

Quelques conseils aux associations pour débuter sur les sites sociaux

10 tactiques pour transformer l'information en action

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lundi, 10 mai 2010

Webdiversity, journée de réflexion sur Internet et la liberté d'expression

Le 21 mai prochain, à la maison des Métallos dans le 11ème arrondissement de Paris, Internet sans Frontières et ses partenaires organisent Web Diversity, une journée de conférences et d'ateliers sur le thème de la liberté d'expression 2.0 et des nouvelles formes de journalisme.

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Nous y serons, nous vous proposons d'y aller !

L'objet de cette journée est de réunir et de donner la parole à des acteurs issus du journalisme, de la recherche, des agences de communication, de collectifs citoyens ou d'entreprises pour réfléchir sur les expérimentations et les nouvelles pratiques permises par le développement d'internet.

Des rencontres et des discussions intéressantes en perspective !

Quelques points susceptibles d'être discutés

  • Equipement, accès au réseau et culture web, les nouvelles conditions de la liberté d'expression ?
  • En quoi la participation des lecteurs modifie la fonction des journalistes, des médias ?
  • Les enjeux de la coproduction de l'information ?
  • Individus et organisations sont-ils tous voués à devenir des médias ?
  • Comment garantir la liberté d'expression et le respect du droit sur internet ?
  • Quelles adaptations du droit aux usages d'internet ?
  • Comment les nouveaux outils de mobilisation peuvent servir l'engagement politique ?
  • Internet comme outil de surveillance
  • Internet et le mobile au service du contournement des politiques de contrôle des Etats autoritaires ?
  • Quel outillage numérique des initiatives de solidarité ?

Vos suggestions de sujets, vos idées, vos questions ou vos exemples sont bienvenus dans les commentaires. Nous en tiendrons compte si cela concerne l'atelier que nous animons.

Organisation de la journée

La journée commence à 9 heures pour se conclure à 16h30, avec une plénière d'ouverture sur "Internet comme nouvel enjeu démocratique" et une plénière de cloture sur une éventuelle "déclaration des droits de l'internaute".

Entre les deux, 2 débats en conférences plénières et 2 tables rondes simultannées le matin à 11h30 et l'après midi à 13h30, d'une durée d'une heure.

La participation de Solidaires du monde

Nous avons mis en place un partenariat avec Internet sans Frontières à l'occasion de cette journée. A ce titre, nous avons participé à une réunion de pilotage sur l'organisation de la journée, les intitulés des conférences et ateliers et les intervenants.

Dans le cadre de ce partenariat, Solidaires du monde animera en début d'après midi l'atelier intitulé "Le web 2.0 au service de la solidarité".

Pour s'interroger sur les relations entre l'ensemble de techniques et de pratiques que constitue internet et les valeurs de la solidarité, nous avons sollicité les personnes suivantes (que nous remercions vivement) :

  • Elsa Caternet, chargée de programme chez Internews Europe, ONG de médias
  • Laure Drévillon, fondatrice et présidente de One Heart Channel, portail multimédia international consacré à la solidarité
  • Guillaume Desnoes, cofondateur d'Aider Donner, entreprise de collecte de fonds en ligne pour les associations
  • Nathan Stern, sociologue et cofondateur de Peuplade, site de mise en relation, d'échanges de services et d'informations de proximité
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Le programme de la journée sur le site Web Diversity

La page pour s'inscrire, notez que c'est 13€ l'entrée

Présentation de l'atelier "les citoyens connectés", par le Social Media Club

 

Nous vous invitons à lire les autres comptes-rendus de la journée Web Diversity :

Vivre avec la censure, avec Julien Paiin (Les Observateurs, France 24), Laurent Giacobino (Internews Europe), Lucie Morillon (Internet et Libertés, Reporters sans Frontières) et Arache Adjani-Atai (Président de Move4Iran)

Le Web 2.0 au service de la solidarité : au delà du simple service... avec Thomas Hémery (Solidaires du monde), Elsa Caternet (Internews Europe), Claire Ulrich (Global Voices), Laure Drévillon 'One Heart Channel), Guillaume Desnoes (AiderDonner), Nathan Stern (Peuplade)

Journalisme partagé, pluralité et démocratie, avec Benoît Raphaël (Le Post), Alexandre Heully (Cafébabel.com), Amirouche Laïdi (Président du Club Averroès) et Christophe Ginisty (Président d'Internet sans Frontières)

Internet et liberté d'expression, avec Elsa Caternet (Internews Europe), Guillaume Desnoes (Co-fondateur de AiderDonner), Nathan Stern (Fondateur de Peuplade.fr), Laure Drévillon (Fondatrice et Présidente de One Heart Channel) et Claire Ulrich (Global Voices)

Web Diversity : les outils au service de l'action citoyenne militante, avec Alban Martin (Co-fondateur et Vice-Président du Social Media Club), Tangui Morlier (Co-fondateur de Regards Citoyens), Olivier Blondeau et Laurence Allard (Auteurs de « Devenir média. L'activisme sur Internet entre défection et expérimentation »)

Lutter contre les fractures numériques : l'éducation d'abord, avec Jean Pouly (Directeur de l' Agence mondiakle de solidarité numérique), Nadia Mordelet-Carrière -Alcatel-Lucent), Jean-Patrick Ehouman (Fondateur de AllDenY) et Yves Miezan Ezo (Isoc, Rencontres Africains du Logiciel Libre)

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mercredi, 05 mai 2010

Quelques conseils aux associations pour débuter sur les sites sociaux

Un site social comme facebook peut faire figure de graal pour une organisation caritative : 15 millions de profils créés en France, 57 minutes  de temps passé par jour et par personne, des utilisateurs engagés dans des milliers de conversations, groupes et autres liens qui permettent de se faire une idée des centres d'intérêts de chacun, et un potentiel d'interconnexion inédit sur internet.


Toutefois, la création d'une page fan peut s'avérer insuffisante pour réussir une opération sur les sites sociaux et transformer des fans en donateurs.

Sarah DiJulio et Marc Ruben sont à l'origine d'un ouvrage sur ce sujet : People to People Fundraising, Social Networking and Web 2.0 for Charities, Wiley, 2007. Ils fournissent des éléments d'informations sur les us et coutumes des sites sociaux, ainsi qu'une approche pour préparer votre entrée sur ses sites. Voici une version traduite et adaptée de 12 recommandations issues de ce livre :


1.       Choisissez le bon site social

Le nombre d'utilisateurs n'est pas un argument suffisant. De petites communautés peuvent être plus petites mais plus efficaces pour votre organisation. Cela peut s'avérer utile de commencer sur un petit périmètre de sites sociaux : 2 ou 3 au départ, plutôt que de multiplier sa présence sur la vaste gamme des sites sociaux.


2.       Trouvez un expert pour vous conseiller


Cherchez dans votre organisation, autour de vous, les personnes qui ont une expérience des sites sociaux. Cela peut être un stagiaire, un volontaire, une jeune recrue. Impliqué cette personne dans vos réflexions sur les sites sociaux afin de bénéficier des ces conseils et de son expérience.
Cherchez et veillez cette réflexion sur internet.


3.       Etendez la portée de vos actions

Une fois que vous aurez choisi un site social, adoptez une technique d'essaimage. Ne vous contentez pas de la création d'un profil, créez également un groupe, créez des événements, rendez compte de ces événements. Assurez vous de comprendre les règles tacites d'utilisation des sites sociaux. Certains sites peuvent vous proposer de devenir sponsor d'un événement. Cela peut être utile d'en faire l'expérience.


4.       Préparez vous à perdre du contrôle

Il n'est pas possible d'examiner minutieusement tous les mots qu'emploient toutes les personnes qui s'expriment sur votre page ou à votre propos. Si vos équipes juridiques ne sont pas à l'aise avec cela, oubliez les sites sociaux. Vous pouvez mettre en place un système de modération / validation a priori mais veillez à ce que le système de validation soit rapide.


5.       Prenez connaissance et nouez des contacts avec ceux qui parlent en votre nom

Votre organisation est peut être déjà présente sur les sites sociaux : cherchez vous. La plus grande page fan de marque sur Facebook est celle de Coca Cola, elle n'a pas été créée par Coca Cola. Lorsque vous aurez trouvé cette personne, prenez contact avec. Il y a de forte chance que ce soit une personne impliquée et motivée qui gagnera à établir une relation avec vous.


6.       Faites une bonne première impression


Faites en sorte que vos pages aient un bel aspect. Contrôlez ce que votre organisation met à disposition des pages des membres de votre communauté. Le titre de vos pages et les visuels doivent être remarquables.


7.       Rendez disponible des contenus échangeables


Les sites sociaux sont dynamisés par les échanges de contenus. Ces contenus sont échangés quand ils sont créatifs, drôles, intéressants ou apportent une nouvelle perspective. Soyez créatifs sur vos pages, utilisez le format vidéo et les animations.


8.       Identifiez les personnes qui vous soutiennent et qui sont déjà sur les sites sociaux


Interrogez les membres de votre organisation pour savoir qui dispose de profiles sur les sites sociaux. Invitez-les à devenir membre du réseau de l'organisation.


9.       Echangez régulièrement avec les membres de votre communauté


Faites des mises à jour régulières sur vos pages afin de proposer des informations renouvelées à vos communautés. Editez des flux RSS différenciés afin de permettre à des utilisateurs de sélectionner les informations qu'ils reprennent sur leurs pages. Passez d'une approche statique à une approche dynamique de l'information sur vos pages de sites sociaux.


10.    Dédiez des personnes et du temps à construire le succès de vos pages

Une personne doit avoir pour mission de rédiger et publier des commentaires, de répondre aux questions, d'inviter des personnes à rejoindre la page, d'identifier les espaces sur lesquels il serait pertinent de prendre la parole. Cela parait simple mais prend énormément de temps !


11.    Mettez en mouvement, facilitez le mouvement de vos soutiens sur les sites sociaux


Après vos premières expériences, vous allez vouloir guider vos communautés vers des fonctions d'activistes, de donateurs ou de volontaires au service de votre organisation.

Faites en sorte que vos pages sur les sites sociaux multiplient les possibilités de participation, d'engagements. Multipliez également les occasions de faire un don à l'organisation. Même si vous ne collectez pas grand-chose à court terme, cela vous donnera de l'expérience et vous aidera pour définir vos objectifs ultérieurs.

Soyez précis lorsque vous demandez aux membres de votre communauté de faire quelque chose pour vous. Et tenez toujours vos communautés au courant de ce qui s'est passé ou dit lors d'un événement ou d'une campagne à laquelle ils n'ont pas pu participer. Ils pourront peut-être participer la prochaine fois.


12.    Pensez votre présence sur les sites sociaux comme un investissement


Les jeunes acteurs de ces nouveaux territoires d'expression sont vos donateurs de demain. Devenez vous-même acteur de ces sites sociaux afin de ne pas vous laisser dépasser par ces nouvelles pratiques.

Cette note est une traducation de l'article de Joan Fritz sur nonprofit.about.com

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Etude NTEN sur l'utilisation des médias sociaux par les organisations sans but lucratif - 28/04/2010

10 tactiques pour transformer l'information en action - 07/04/2010

Wisertuesday : êtes vous bon utilisateur des réseaux sociaux twitter et facebook ? - 03/03/2010

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mardi, 20 avril 2010

5e Grand Prix de la Communication Solidaire

logo2.gifMercredi 14 avril dernier, l'association Communication Sans Frontières a fêté sa 5e édition du Grand Prix de la Communication Solidaire.

 

Qu'est ce que Communication Sans Frontières ?

Communication Sans Frontières (CSF) est une association loi de 1901, reconnue d'intérêt général, née en mai 2003 par Brunobruno-david.jpg David, publicitaire de renom, président de l'ONG Noir & Blanc et directeur associé de TBWA Corporate Non Profit. L'association fédère des professionnels, des chercheurs et étudiants en sciences et techniques de l'information et de la communication (STIC). Ceux-ci cherchent à promouvoir les pratiques éthiques et déontologiques au sein des métiers de la communication et particulièrement au profit de causes humanitaires, caritatives, du commerce équitable et du développement durable.

CSF organise régulièrement des débats pour discuter du fond, de la forme, des objectifs, des stratégies et des outils de communication d'ordinaire destinés à des fins marchandes, alors utilisés pour des entités non marchandes. Elle lie et conseille les ONG, les professionnels de la communication, les entreprises et les donateurs dans un cercle vertueux selon une éthique.

nicolas_bordas.jpgDans une interview du CSF, Nicolas Bordas, Président de TBWA France et du syndicat des agences de communication, l'AACC (Association des Agences Conseil en Communication), explique son implication en tant que Président de cette édition : « (...) au delà de son rôle économique et culturel, la communication a un rôle sociétal à assumer. C'est particulièrement le cas dans les campagnes faites pour les associations, qu'il s'agisse de contribuer à lever des fonds, ou à modifier des attitudes et comportements dans l'intérêt général.»

 

Qu'est ce que le Grand Prix de la Communication Solidaire ?

Depuis 5 ans, CSF organise le Grand Prix de la Communication Solidaire. Il a pour but de récompenser les alliances entre publicitaires et acteurs de la solidarité, pour l'éthique de leur campagne de communication.

Les campagnes sélectionnées répondent à des objectifs de citoyenneté, de solidarité, de caritatif, de commerce équitable, de développement durable, de grande cause, ou de cause s'intérêt général ou public.

Les cinq supports sont à l'honneur : télévision, cinéma, radio, presse, affichage et Internet. Le jury est composé de deux professionnels du monde solidaire, de la communication, des médias, du multimédia et du monde de l'entreprise, soit 10 membres encadrés par un Président, Nicolas Bordas cette année. Cette année, le public a eu sa place, avec la création d'un prix Public pour chaque catégorie.

Pour Nicolas Bordas, le prix Solidaire est aussi révélateur des évolutions en terme d'outils et de stratégie. Cette année, marque l'essor d'Internet, et une faiblesse de propositions pour les campagnes radios : « Le cru de cette année m'a paru globalement de très bonne qualité en ce qui concerne la télévision et le print. Plusieurs campagnes méritaient d'être primées et le choix n'a pas été facile. La radio était un peu le parent pauvre des médias cette année, avec des campagnes très informatives. Il convient à mon avis de mieux faire connaître le prix Internet pour qu'un plus grand nombre de campagnes soient inscrites l'an prochain dans cette catégorie. »


L'accès aux médias est beaucoup plus difficile pour des associations que pour des entités issues de l'économie de marché, aussi il n'est pas étonnant que les outils privilégiés pour les petites et moyennes organisations soient les relations-presse et Internet, moins chers et plus accessible, précise-t-il. Aussi ce dernier est particulièrement ludique, attractif, et touchant une masse bien plus importante: « On remarque également que des agences se lie à certaines associations de façon plus intime et sur du long terme, en exemple TBWA Paris et Amnesty International ou BDDP Unlimited (du même groupe que TBWA Paris) et la Fondation Abbé Pierre + Solidarité International. »

 

And the winners are :

Grand prix de la communication solidaire : Campagne Affichage Fondation Abbé Pierre « Hiver 2008 » par l'agence BDDP Unlimited

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  1. Catégorie Presse

1er prix : INJS (Institut National des Jeunes Sourds) par l'agence : BETC EuroRSCG

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Mention : France Alzheimer par l'agence Saatchi & Saatchi

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Prix du Public : Surfrider Initiatives Océanes par l'agence : Young & Rubicam

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  1. Catégorie Affiche

1er prix et prix du public: Fondation Abbé Pierre « Hiver 08 » par l'agence : BDDP Unlimited

 

2ème prix : SOS Sahel par l'agence : EuroRSCG 360

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3ème prix : Secours Catholique par l'agence : Publicis Activ

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  1. Catégorie Télévision

1er ex aequo : INPES « N'y pense même pas » par l'agence : Draft FCB

 

1erex aequo et Prix du Public : France Alzheimer par l'agence : Saatchi & Saatchi

 

3ème prix : RSF par l'agence : Saatchi & Saatchi


  1. Catégorie Radio

1er et Prix du Public : Vaincre la mucoviscidose par l'agence : TBWA Corporate

 

2e prix: France Générosité par l'agence : Venise

 

5. Catégorie Internet

1er prix et prix du public: Orange Rockcorps par l'agence : Publicis Conseil

 

2ème prix : Don de moelle osseuse par l'agence Optimus
La campagne Internet est expliquée ici.

 

Le grand prix de la communication solidaire suscite discussions et polémique. En effet, l'utilisation d'outils de communication a tendance à définir les acteurs de la solidarité en tant que marques commerciales comme les autres et perd donc de son « humanité ». D'autre part, la mise en lumière de la misère et de la souffrance par la publicité pour susciter l'intérêt et le don oscille est tantôt jugée malsaine, opportuniste ou voyeuriste tantôt défendu comme acte montrant la réalité qui dérange, sans langue de bois, avec honnêteté, quitte à choquer.  Après avoir été exprimé lors de l'exposition "La publicité au secours des Grandes Causes", du débat "Publicité et Grandes Causes: une synergie constructive ?", la discussion s'est poursuit le lendemain lors de la rencontre « L'humanitaire doit-il et peut-il tout exposer ? »

mercredi, 07 avril 2010

10 tactiques pour transformer l'information en action

Le 31 mars, Internews a convié les acteurs du secteur associatif à découvrir le film de Tactical Technology Collective (TTC) « 10 tactics for turning information into action ».

Internews et TTC sont deux ONG impliquées dans la promotion de l'information.  Les problématiques de ces deux associations internationales tournent autours des moyens de diffusion et de l'utilisation de l'information comme outil pour mobiliser les masses (comme les flashmobs par exemple), d'où l'expression « Info-Activism ».

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Le film « 10 tactiques » (disponible sur un site internet dédié) fournit originalement et astucieusement aux défenseurs des droits de l'homme des pistes d'action et les outils numériques efficaces et appropriés à utiliser individuellement (comme le site Internet classique ou le téléphone portable), ou de façon combinée (comme la géo-localisation de Google Earth ajoutée aux vidéos mises en ligne grâce à Youtube, le tout édité sur une plateforme de blogs, comme celle de Solidaires du monde).

 

 

Chaque tactique est accompagnée d'un lien. En cliquant vous découvrirez une vidéo (en anglais), une étude de cas, des témoignages d'activistes du monde entier, des conseils, des descriptifs d'outils avec leurs avantages et inconvénients (le tout traduit en français, la version originale en anglais est disponible en cochant sur la case appropriée en haut à droite).

chapter1.jpgPar exemple le chapitre 1 du film: "Mobilisez les individus et les amener à l'action" introduit le sujet avec les exemples des journalistes citoyens en Inde, de l'utilisation de Facebook par les défenseurs des lesbiennes au Liban (LGBT) et la campagne numérique de Pink Chaddi, pour la lutte des droits de la femme en Inde.

L'étude plus poussée, est le cas de la campagne de mySociety en 2009 intitulée « TheyWorkForYou », qui permis aux électeurs de Grande Bretagne d'envoyer des emails ciblés à leurs membres du Parlement, exigeant la transparence de l'utilisation des fonds publics. La campagne utilisa magistralement les outils Wordpress et Facebook, et près de 500 000 internautes visitèrent le site dans le mois. Cela aboutit à un succès, puisque peu de temps après, les frais des parlementaires furent divulgués.

Cinq conseils sont ensuite donnés pour mobiliser et entraîner les gens à devenir acteurs. Dans cette tactique, l'outil vedette, décrit de fond en comble est le site de partage de photos Flickr.

Enfin, des informations concernant les droits, sur la vie privée, l'anonymat ou autre sont éclairés à la fin du reportage.

Les 10 tactiques pour transformer l'information en action

  1. Mobiliser les individus et les amener à l'action
  2. Témoigner et enregistrer
  3. Visualiser les messages
  4. Amplifier les histoires personnelles
  5. Ajouter de l'humour
  6. Gérer les contacts
  7. Utiliser des données compliquées
  8. Utiliser l'intelligence collective
  9. Laisser aux hommes la place de poser des questions
  10. Enquêter et exposer

Ces films sont très utile à ceux qui réfléchissent sur des statégies de communication modernes et efficaces, n'hésitez pas à aller les consulter.

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Internews Europe est une ONG créée il y a 15 ans, spécialisée dans l'accès et la diffusion de l'information à tous. La conviction de cette organisation repose sur le principe que les médias ouverts, dynamiques, pluralistes, indépendants, et provenant de l'intérieur des communautés elles-mêmes, sont la pierre angulaire des sociétés libres et ouvertes.

TTC est une ONG internationale américaine née il y a 5 ans. Elle aide les défenseurs des droits humains à utiliserTTC.jpg l'information, les moyens de communications et les technologies numériques afin de maximiser l'impact de leur travail de plaidoyer. En effet, les nouvelles technologies recèlent un potentiel important pour améliorer le travail des militants et des plaiseurs, en leur donnant les outils et des guides nécessaires pour recueillir et analyser les informations et les moyens de transformer cette information en action concrète.

Les sous-titres de « 10 tactics to turn information into action» sont disponibles à l'achat en anglais, français, hindi, russe, ourdou, thaï, birman, le géorgien, espagnol, portugais et arabe.

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mardi, 30 mars 2010

Remarques sur la conférence communication et plaidoyer des ONG

Suite à la conférence du 17 mars chez Action contre la Faim intitulée : Quelle place pour le plaidoyer et le témoignage dans l’action humanitaire ? Quelle communication grand public ? Nous avions rédigé cette note de restitution des échanges.

Si vous avez pris connaissance des débats qui se sont tenus ce soir là, nous souhaiterions dans la note présente faire état de quelques remarques et questions sur le sujet.

Dans un contexte d'évolution de la communication, de participation croissante et de changement du rôle du public, de renouvellement des outils et de bouleversement de l'univers des médias, il est intéressant qu'Action contre la Faim ouvre ses réflexions stratégiques sur les enjeux de l'action humanitaire mais aussi sur les questions que la communication et le plaidoyer des ONG soulèvent à l'horizon 2015.

L'objectif était donc de faire un peu de prospective et d'identifier les dynamiques actuelles qui vont répondre à ces questions.

Mais où est passé Internet ?

Internet et les usages qu'il autorise ont été les grands absents de cette discussion. Les intervenants de la conférence n'y ont quasiment pas fait référence, j'étais déçu.

Pourtant dans son introduction,
Roger Persichino (administrateur d'ACF) fait référence à la notion de "connecteurs sociaux", il rappelle que les outils et usages actuels permettent et entrainent une évolution de la relation entre le donateur et l'association. Il explique également qu'Internet modifie l'articulation entre le développement de nouvelles ressources et la communication.

A mon sens, une réflexion prospective sur l'évolution de la communication et du plaidoyer d'une ONG ne peut faire l'économie d'une analyse de ce qui se fait aujourd'hui en matière de coproduction de l'information, de codiffusion, de levée de fonds en ligne, d'engagement des publics, de campagne de sensibilisation ou de plaidoyer.

Il nous semble crucial que ces points soient développés par ceux qui réfléchissent sur la communication au sein des ONG.

Nous lancons donc quelques pistes, sous forme de questions, pour peut-être faire débat avec les responsables de la communication des ONG.


Une évolution de la demande du public ?

Dans quelle mesure la pratique d'Internet provoque-t-elle une évolution de la demande de communication de la part du public ?
Olivier Fleckinger, co-fondateur d'Aider Donner, pose cette question dans cette conférence en rappellant que le contexte est en effet propice à une modification progressive du rôle du public. Comment décrire cette évolution ? Et qu'entraîne-t-elle ?

Qu'est ce que la coexistence, sur une même page web, de l'acte de s'informer et de l'acte de donner (de son temps en diffusant ou coproduisant l'information, ou de son argent) change-t-elle aux mécanismes antérieurs ? Qu'est ce que cela permet ?

Une migration obligée vers Internet ?

Si le profil du donateur évolue et migre vers une relation en ligne avec l'association, comment l'ONG s'organise-t-elle pour répondre à ce nouveau mode de relation plus direct, plus immédiat et plus collaboratif ?

Qu'est ce que les ONG mettent à disposition pour que leurs publics participent à la diffusion des messages et des campagnes ? Les contenus proposés sur le site de l'organisation facilitent-ils cette réutilisation par l'internaute ? Comment le rôle de celui-ci évolue-t-il avec les pratiques et les outils disponibles ? Comment l'ONG accompagne-t-elle cette évolution ?

Vers une modification de l'organisation de la production de l'information

Comment l'information et la communication des ONG sont-elles produites, avec ou sans partenaires ? Quels outils d'organisation de l'information
sont-ils utilisés sur le terrain ? Dans quelles mesures ces données peuvent-elles nourrir la communication ? En situation d'urgence, quel usage la structure fait-elle des applications web, Ushahidi par exemple ?

Plus largement, qu'est ce que les outils de cartographie en ligne et la diffusion d'information en temps réelle changent à la communication des ONG ? Qu'est ce que l'équipement et les usages du mobile changent-ils à la communication, à la collecte de dons ?

La fonction communication de l'ONG est-elle centralisée au siège ? Quel type de décentralisation est-il possible de faire ? Serait-il intéressant pour les acteurs de terrain, de communiquer directement aux public et journalistes ? Comment communiquer aux expatriés les informations sensibles ?

Quel rôle les ONG peuvent-elles jouer dans les missions de capacitation des partenaires et employés autochtones dans leur utilisation d'Internet pour leur communication et leur plaidoyer ?

Les médias sont de plus en plus sociaux

Dans quelle mesure une ONG doit-elle repenser son rôle vis-à-vis des médias ? Peut-elle se comporter comme un media ? Qu'est ce que cela entraine ?

Si l'ONG se considère comme un réseau social et comme membre d'une communauté de réseaux sociaux, qu'est ce que cela change à sa communication ? Comment les membres de l'association utilisent-ils les outils de publication et de diffusion comme les blogs, les réseaux sociaux, les sites de partage photo et vidéo et toute la mutualisation des outils et des expériences qu'ils permettent ?

Vers un changement d'organisation et de fonction ?

Dans un contexte d'évolution du rôle des ONG par rapport aux pouvoirs politiques et économiques, par rapport à la représentation des intérêts de la société civile notamment; la réflexion sur les changements induits par Internet dans nos sociétés, nous parait des plus importantes. C'est pourquoi nous avons posé ces questions.

Merci d'avance à ceux qui proposeront d'autres questions et réponses pour alimenter ce débat.


Quelques sources de réflexions

[English]

[Français]

 

lundi, 22 mars 2010

Conférence audio sur la communication et le plaidoyer des ONG - Organisations non gouvernementales

Bonjour !

en cette journée mondiale de l'eau, vous avez peut être entendu parlé de la campagne d'Action contre la Faim :

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Une nouvelle fois, l'association frappe les consciences pour faire entendre sa voix. Mais que signifie faire entendre sa voix  pour une ONG ? Quels sont les moyens dont disposent ces organisations pour faire changer les choses ?

J'étais mercredi 17 mars 2010 dans les locaux d'Action contre la Faim, dans l'auditoire de la conférence "Quelle place pour le plaidoyer et le témoignage dans l’action humanitaire ? Quelle communication grand public ?".

Une cinquantaine de personnes étaient présentes pour écouter :

  • Valérie Daher, Directrice de la communication et du développement d'Action contre la Faim
  • Antoine Vaccaro, Président du CERPHI (institut d'étude de la Philanthropie)
  • Luc Lamprière, Directeur général Oxfam-Agir-Ici
  • Thomas Gonnet, Directeur des Opérations - Crise d'Action contre la Faim

La rencontre était animée par Roger Persichino, écrivain et administrateur d’Action contre la Faim.

La discussion a duré 2 heures, 1h de présentation et 1h de questions réponses avec la salle.

A ma connaissance et à l'écoute des questions posées, l'essentiel de l'audience était constitué de professionels des associations humanitaires et de spécialistes du sujet. Il me semble avoir identifié une journaliste de Youphil mais les médias m'ont semblé peu représentés. C'est dommage car il aurait été intéressant d'avoir le point de vue de journalistes sur la question de la communication des ONG.

Découpage des enregistrements audio

Afin de rendre cette réflexion disponible au plus grand nombre, j'ai enregistré la conférence et les échanges.

Action contre la Faim a aussi filmé la conférence, en attendant que celle-ci soit mise à disposition, voici en 15 parties l'essentiel des échanges qui se sont tenus ce soir là.

J'ai volontairement réduit la taille des fenêtres d'affichage car c'est le son plus que l'image qui importe, pourtant il y a quelques titres à lire. Si c'est trop petit, vous pouvez double cliquer sur la fenêtre et l'ouvrir sur dailymotion.


6 prémières parties

  1. Présentation des intervenants par Roger Persichino  (écrivain et administrateur d’ACF), suivie de la présentation du marché de la communication des ONG par Antoine Vaccaro, Président du Cerphi (12 minutes)
  2. Parcours et présentation de Luc Lamprière, Directeur d'Oxfam France Agir Ici. Du journalisme à l'humanitaire (8 minutes)
  3. Intervention de Valérie Daher, Directrice de la communication et du développement d'ACF : présentation et objectifs du poste, distinction entre le communication et le plaidoyer, suivie d'une intervention de Thomas Gonnet sur l'histoire du plaidoyer chez ACF (13 minutes)
  4. Témoignage, plaidoyer et communication des ONG : vers une redéfinition du rôle des ONG en matière de politique internationale, selon Valérie Daher (5 minutes)
  5. Evolution du rôle entre ONG et opinion publique, par Antoine Vaccaro (3 minutes)
  6. L'importance du témoignage, par Luc Lamprière (3 minutes)




6 parties suivantes

  1. Vidéo à remettre en ligne (3 minutes)
  2. Les évolutions des attentes de l'opinion publique, la confiance dans les ONG, les attentes des bénéficaires à l'horizon 2015, selon Antoine Vaccaro (3 minutes)
  3. Les donateurs et les relations donateurs chez ACF, selon Valérie Daher (4 minutes)
  4. La mobilisation en faveur des objectifs du millénaire pour le développement par Luc Lamprière (5 minutes)
  5. Mesure et impact du plaidoyer par Thomas Gonnet (4 minutes)
  6. Evolution des besoins, de la communication et du plaidoyer à l'horizon 2015, par Thomas Gonnet (4 minutes)










3 dernières parties

  1. Evolutions du plaidoyer et mesure de son impact, par Thomas Gonnet (2 minutes)
  2. Echec du plaidoyer, l'exemple des objectifs du millénaire pour le développement, par Valérie Daher (4 minutes)
  3. Questions-réponses avec le public (48 minutes)




Les liens cités

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Remarques et questions sur la conférence communication et plaidoyer des ONG - 30/03/2010

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