mardi, 01 juin 2010

Web Diversity: vivre avec la censure

Autour de Laurent Giacobino, d'Internews Europe ; de Julien Pain, du site Les Observateurs (France 24) ; de Lucie Morillon, responsable de la section Internet et Libertés Reporters sans Frontières et d'Arache Djannati-Atai, Président de Move4Iran, le débat « Vivre avec la censure », lors de la journée Web Diversity le 21 mai dernier, a largement été illustré par la situation iranienne lors des élections de juin 2009.

 

Petit rappel historique

Les élections du 12 juin 2009, reconduisant  Mahmoud Ahmadinejad à la tête du pays pour 4 ans ont été fortement Ahmadinejad .jpgcontestées au niveau national mais aussi mondial. Les résultats officiels donnant 62,6% des voix pour Ahmadinejad contre 33,7 % pour Mir Hossein Moussavi, et 85 % de participation ont été remis en cause, les accusations de tricherie et de corruption se sont propagées à vitesse grand V.

Dès le lendemain, des manifestions civiles importantes étaient réprimées dans la violence.

Pour tenter de contourner la censure en place et révéler les répressions, des milliers d'iraniens ont utilisé les réseaux Internet et mobile comme outils de communication. La mort filmée de Neda Agha Soltan, jeune fille tuée dans la foule par les policiers, a fait le tour de la toile en moins de 48 heures, c'est l'exemple le plus connu. En l'absence de journalistes, les blogueurs et les internautes ont permis aux autres internautes et aux médias de se rendre compte de la réalité de la situation.

 

Une mobilisation sur le web sans précédent

imove4iran.jpgArache Djannati-Atai est astrophysicien, mais avant tout Président de Move4Iran. L'association a pour but d'interpeller et de mobiliser l'opinion publique pour relayer la voix du peuple iranien. Il nous explique que lors de ces élections, les iraniens se sont sentis trahis, et découragés. Le sentiment de solidarité face à l'injustice, selon l'adage « L'union fait la force » a dépassé les frontières et s'est répandu grâce aux nouveaux médias et ont été relayés par la diaspora iranienne dans le monde. L'activisme iranien n'est pas né ce jour là, mais a explosé. Twitter, Facebook, les serveurs Proxy (visant à compliquer la traçabilité des internautes) et tout le partage de photos et vidéos captées grâce aux téléphones mobiles ont traduit l'expression, les revendications et les cris malgré une censure technologiquement maîtrisée.

Comme le rapelle Laurent Giacobino, d'Internews Europe, les outils de la communication activiste se sont modernisés. logo_INE.gifAvant, seule une élite arrivait à contourner le système de censure, mais depuis les élections le noyau a grossi par les échanges de techniques, notamment les serveurs proxy qui permettent le filtrage et l'anonymat. Comme le rappelle Olivier Blondeau dans la conférence Web Diversity sur les outils au service de l'action citoyenne militante, les proxys sont à double tranchant : tant qu'ils restent inconnus et hors de portée du pouvoir ils permettent l'anonymat, mais une fois au main des censeurs, ils permettent d'identifier tous ceux qui y ont recours.

L'enjeu majeur de cette situation est évidement le passage des frontières. Ainsi que la mise en place d'une solidarité numérique internationale, et il ne s'agit pas uniquement de la diaspora iranienne en France mais aussi d'étrangers, simples défenseurs de la liberté, avec ou sans affinité pour le pays. Et logiquement, l'emballement citoyen a entraîné un renforcement de la censure.


Une censure déjà présente, avant les élections

En effet, l'Iran est doté d'armes et de stratégies de censure très professionnelles. Des plus classiques comme le contrôle de l'information et de ceux qui la produisent, grâce à l'interdiction de chaînes de télévision privées, la mise en place de filtres sur Internet comme le blocage, le 13 juin des sites Internet en faveur de Moussavi, mais aussi de techniques plus poussées, avec le DPI (voir plus bas). La marque Nokia Siemens aurait vendu sa technologie de pointe au gouvernement laissant la possibilité de lire les contenus à la fois des mails et des sms... logo_rsf.pngCet ensemble explique en partie, la place de l'Iran dans le classement sur la liberté d'expression de Reporters sans Frontières (RSF), derrière la Birmanie et la Chine, modèles de censure par excellence.


Des techniques de plus en plus poussées, après les élections

Dans son rapport sur l'Iran, Lucie Morillon explique en effet que la situation a largement empirée depuis 2009 avec l'obligation pour tous les fournisseurs d'accès de passer par une seule organisation, la Compagnie des Télécommunication d'Iran (CTI), sous contrôle des Gardiens de la Révolution. Tous les circuits et les opérateurs sont centralisés, les sites Internet bloqués (tel que la BBC en persan depuis janvier 2006 et en anglais depuis juin 2009) selon les critères d'un comité spécial, composé de membres du gouvernement mais aussi du ministère de la Communication et des Technologies de l'Information, du ministère de la Culture et de l'Orientation islamique, du ministère des Renseignements et de la Sécurité Nationale et du procureur général de Téhéran. Depuis les manifestations, le régime bloque MySpace, Orkut.com, Fkickr, photobucket.com, YouTube et bien évidement Facebook et Twitter, considérés comme les principaux instruments  d'organisation de l'opposition et d'appel à la révolte.

Un autre procédé consiste à ralentir la vitesse de connexion pour limiter les possibilités des internautes d'uploader  (envoyer sur des serveurs) des photos ou vidéos. Les autorités se cachent derrière des prétextes comme la loi de 2009 sur la cybercriminalité à outrance, notamment par le biais de l'article 18 prévoyant deux ans de prison et une amende pour « diffusion de fausses informations susceptibles de troubler l'opinion publique ». Aujourd'hui, une douzaine de net-citoyens sont en prison. Fidèle à la lutte contre la liberté d'expression, la presse est utilisée comme outil de propagande du pouvoir et n'a pas d'autre alternative que d'accepter pour exister. Il n'y a pas de couverture, comme l'existence de syndicats pour défendre les journalistes.

La dernière nouveauté date du 10 février 2010 : la suppression de la messagerie Gmail, qui reste cependant accessible via proxy. Le régime proposera en contrepartie une messagerie nationale.

 

La nouvelle bataille 2.0

La bataille est élargie à la défense des cyberdissidents, des blogueurs, des net-citoyens. En 2009, RSF en comptabilise 120 derrières les barreaux. L'association finance les avocats et accompagne les familles, car ces victimes de la censure ne sont plus seulement des journalistes, les manifestants sont des citoyens plus ou moins militant, plus ou moins organisés, plus ou moins techniques. Il est possible qu'un internaute s'exprime pour une cause donnée à un moment donné et n'engage pas d'autres prises de position, à venir.

Le manque de structure et l'individualisme de la prise de position et de la démarche de l'exprimer à aussi son revers, les internautes sont seuls et ensemble à la fois.  Le souci est le danger, plus ou moins conscient, que risque les blogueurs et la défense des valeurs qu'ils défendent. Comme dans chaque lutte, les fruits récoltés se font aussi par la perte de militants...

On peut illustrer cette solidarité également avec l'exemple des photographies partagées et diffusées sur la toile prouvant la torture en Egypte, au point que grâce à elles, une procédure judiciaire a été enclenchée. Une association de blogueurs marocains, a d'autre part réussi à libérer un de ses confrères emprisonné. En Chine les blogueurs ont relayé les informations d'un viol collectif pour obtenir justice.


Entre journalistes et citoyens : les Observateurs

Julien Pain est un ancien de RSF où il a travaillé pendant 4 ans à la tête du pôle nouveaux médias. Aujourd'hui, il estlogo-fr24.png responsable éditoriale du site et de l'émission participative Les Observateurs, lancé en décembre 2007, par France 24. Il nous explique qu'après l'élection en Iran, les blogueurs sont devenus les sources d'informations. En premier lieux, car ils avaient toute légitimité à parler d'une situation vécue de l'intérieur, les concernant directement et ensuite et surtout, parce que les journalistes n'avaient pas d'accréditation et aucun laissez-passer pour entrer dans le territoire et faire leur travail.

Question : Comment parler d'une situation dans un pays, quand on a l'interdiction formelle d'y entrer ? Réponse : Plus de 1 000 blogueurs ont témoigné spontanément, au point que l'on parle de « Révolution médiatique ». Pour les médias extérieurs c'est une chance, mais c'est aussi une certaine complexité dans la mesure de vérification des sources, des témoignages, des informations et toute matière provenant d'inconnus blogueurs. Dans un contexte tendu, où la propagande existe des deux cotés, un travail profond d'enquête et de vérification est obligatoire. Un réseau de confiance avec les internautes iraniens s'est créé au fur et à mesure et s'est agrandi par parrainage. Ces blogueurs devenant les fameux « Observateurs » n'ont aucune obligation de couvrir tel ou tel évènement, il s'agit d'une démarche libre, sous conseils uniquement de la chaîne.

 

Le DPI

RSF nous alèrte enfin d'une technologie de contrôle nouvelle et inquiétante émergante : le Deep Packet Inspection, pratique d'espionnage massive et individuelle, pour servir l'Etat et la Publicité à des fins donc politiques et commerciales.

Selon Wikipedia, le DPI est « l'activité pour un équipement d'infrastructure de réseau d'analyser le contenu d'un paquet réseau (paquet IP le plus souvent) de façon à en tirer des statistiques, à filtrer ceux-ci ou à détecter des intrusions, du spam ou tout autre contenu prédéfini. Le DPI peut servir notamment à la censure sur Internet ou dans le cadre de dispositifs de protection de la propriété intellectuelle. »

Ce dispositif est également très utilisé en Chine et en Tunisie, où est lancé un projet de loi interdisant toute communication avec un autre pays, qui pourrait porter atteinte au pays. A priori, le DPI est en cours d'expérimentation en France et serait installé dans les 6-9 prochains mois, caché derrière une couverture marketing, comme dans un abonnement téléphonique spécifique, peu cher par exemple. D'autres informations sont inquiétantes pour l'indépendance et la liberté à la française. L'entrée de l'Etat au capital et dans le conseil d'administration de Dailymotion par l'Etat n'est pas des plus rassurants.

Ce type de volontés relance le débat de la législation sur la toile : Doit-on ou non imposer des lois mondiales aux internautes, telles qu'elles existent nationalement aux citoyens, comme le droit à l'anonymat par exemple ???

pour aller plus loin.jpg

Le 23/06/2009, Le Figaro: L'Iran censure le net grâce à la technologie Nokia Siemens

Le 27/05/2010, Read Write Web : Anonymat des blogueurs : pourquoi il est inutile de changer la loi : explique la loi française impose déjà aux prestataires techniques de détenir les données pour identifier quel internaute à contribué à un contenu d'un service dont ils sont prestataires.

Le 30/10/2009, Législation Française : Législation sur la communication en ligne, en France.

Le 21/05/2010, WebDiversity, Intervention d'Edwy Plenel : Internet et l'enjeu démocratique

Le 26/05/2010, blog de Rubin Sfadj: Shakespeare, Publius et les blogueurs : même combat ! : explique que le droit à l'anonymat des blogueurs est le même que le droit à l'anonymat des citoyen dans l'urne au moment du vote.

Le 12/02/2010, blog de Rubin Sfadj : Arrêt Tiscali : les prestataires techniques pris en otage : rappelle les évolution des lois Hadopi, Loppsi 2 pour la France et le projet Acta à l'international

http://www.advarnews.us/ : site d'une organisation d'étudiants sur la situation des droits de l'homme en Iran

http://norooznews.ir/ : site d'informations du parti réformateur

http://news.gooya.com/ : site le plus visité sur l'Iran, à l'étranger

Le 12/01/2010, Read Write Web, Le Deep Packet Inspection : pour mieux vous (a)servir ?

Arcep : Site de l'Autorité de Régulation des Communications Electroniques et des Postes

La quadrature du net : Site de l'organisation de défense des droits et libertés des citoyens sur Internet.

Retrouvez nos articles :

  • Lutter contre la fracture : l'éducation d'abord : avec Gérard Dantec (ISOC), Jean-Pouly (Agence mondiale de la solidarité numérique), Nadia Mordelet (Marketing et Business Développement Alcatel Lucent), Jean-Patrick Ehouman (Akendewa-Barcamp Abidjan), Yves Miezen-Ezo (Isoc France, Chala), Albertine Meunier (Association Teatime et Toujours pas sage)
  • Journalisme partagé, pluralité et démocratie, avec Benoît Raphaël (Le Post), Alexandre Heully (Cafébabel.com), Amirouche Laïdi (Président du Club Averroès) et Christophe Ginisty (Président d'Internet sans Frontières)
  • Internet et liberté d'expression, avec Elsa Caternet (Internews Europe), Guillaume Desnoes (Co-fondateur de AiderDonner), Nathan Stern (Fondateur de Peuplade.fr), Laure Drévillon (Fondatrice et Présidente de One Heart Channel) et Claire Ulrich (Global Voices)
  • Le Web 2.0 au service de la solidarité : au delà du simple service... avec Thomas Hémery (Solidaires du monde), Elsa Caternet (Internews Europe), Claire Ulrich (Global Voices), Laure Drévillon 'One Heart Channel), Guillaume Desnoes (AiderDonner), Nathan Stern (Peuplade)
  • Web Diversity : les outils au service de l'action citoyenne militante, avec Alban Martin (Co-fondateur et Vice-Président du Social Media Club), Tangui Morlier (Co-fondateur de Regards Citoyens), Olivier Blondeau et Laurence Allard (Auteurs de « Devenir média. L'activisme sur Internet entre défection et expérimentation »)

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mercredi, 24 mars 2010

Mars 2010: le mois de la liberté de cyberexpression

Espace immatériel, Internet n'en est pas moins devenu la plus grande bibliothèque d'analyses, de débats et de réflexions de notre époque. Les services de communication et de partage sont de plus en plus nombreux : le mail, la messagerie instantannée, les forums, les blogs, puis les réseaux sociaux et les plateformes de microblogging ont pris le relais.

Dans notre vie matérielle, les lois, normes, hiérarchies et juges sont obligatoires pour la régulation. Sur le web, si de nombreux principes restent à inventer, l'anonymat garanti le fait que ch
acun peut dire ce qu'il veut, comment il le veut, où il veut et à qui il veut dans une relative liberté. Potentiellement, rien n'est tabou, tout peut être objet de discussion.

Mais l'émergence d'internet ne se fait pas partout en douceur. Le problème du contrôle des médias et des échanges interpersonnelles se pose pour les gouvernements, les plus autoritaires notamment. Outil de communication et d'organisation, le contrôle d'Internet est un enjeu majeur pour les Etats et la liberté d'expression et d'information des populations.

 

La journée mondiale contre la Cybercensure

Reporters sans Frontières (RSF) prend les armes pour cette nouvelle bataille. En complément de son rapport annuel sur la logoRSf.gifliberté de la presse, l'association oriente désormais son analyse sur la liberté d'expression sur Internet. La journée mondiale contre la Cybercensure décrétée depuis trois ans le 12 mars, est l'occasion de dénoncer la répression des internautes à travers une liste des « ennemis d'Internet » et des pays « sous surveillance ».

Les emprisonnements massifs, arrestations, intimidations, fichages et autres critères permettent de visualiser les degrés de liberté autorisés ou du moins contrôlés. Le moins que l'on puisse dire, c'est que cela ne va pas en s'arrangeant puisque RSF relève une soixantaine de pays sur la tangente en 2009, le double de 2008.

Quelques exemples

  • au Maroc, un blogueur et un propriétaire de cybercafés emprisonnés pour avoir évoqué la répression d'une manifestation sur le web ;
  • en Azerbaïdjan deux blogueurs attaqués pour avoir mis en scène la corruption des autorités dans une vidéo sur YouTube,
  • au Yémen quatre journalistes arrêtés.

Au total, près de 120 personnes recensées seraient détenus, dont 72 en Chine

En bref les pires ennemis de la liberté d'expression sur internet sont : l'Arabie Saoudite, la Chine, l'Egypte, l'Iran, l'Ouzbékistan, la Syrie, la Tunisie, le Viêt-Nam, qui installent des systèmes de filtrages très sophistiqués, sans compter la Birmanie, la Corée du Nord, le Turkménistan et Cuba qui interdisent l'accès à Internet. Des pays créent carrément des lois, comme la Jordanie, le Kazakhstan ou l'Irak.

Les pays dis « sous surveillance » sont la Turquie et la Russie, qui bloquent plusieurs sites, ou la Corée du Sud qui impose des lois sur l'anonymat et l'autocensure. Google et Youtube sont inaccessibles dans 25 pays : enjeu politique, Internet est devenu un outil de contrôle politique supplémentaire.

D'autres pays comme la France, l'Italie, l'Australie ou la Grande-Bretagne, souhaitent un outil de régulation, mais  la question se pose : les luttes contre la fraude, la pédophilie ou le piratage ne sont-elles pas aussi des prétextes pour avoir une main mise sur l'ensemble des contenus de la toile ?

Il est, de plus, inquiétant qu'au niveau européen, le projet secret et toujours flou d'Acta (Accord de Commerce Anti Contrefaçon) fait débat. La Commission Européenne a pourtant tenu, le 22 mars 2010, une séance publique, mais elle ne semble rassurer ni les internautes, ni les associations de défenses de liberté d'expression et de propriété intellectuelle, mises de coté et jamais consultées depuis près de 3 ans. Personne ne sait vraiment ce qui se trame, les critères, les dispositifs et les consquences de cette loi sur la contrefaçon.


La solidarité s'organise

Parallélement, les internautes développent des formes de solidarité mondiale, s'échangent les outils de contre-censure, se partagent des informations concernant des événements, les « flashmob » militants comme celui d'ACF récemment à l'occasion de la journée mondiale de l'eau etc... L'ampleur a de quoi inquiéter, car cela marche. (Voir notre article du 15/01/2010 : Iran-Moldavie : les nouvelles formes numériques de mobilisation politique).

Internet s'ajoute progressivement aux sources classiques. Il permet l'émergence d'une infinité de sources, de relations et d'échanges entre utilisateurs.

Concernant la protection des sources des journalistes, le site WikiLeaks né en 2006 par des journalistes et wikileaks.jpgmathématiciens semble garantir un anonymat parfait et a permis la révélation de dossiers secrets et embarassants. Des pays, comme la Chine, la Corée du Nord et la Thaïlande ont tenté de le bloquer en vain.

Wikileaks vient  d'ailleurs de faire l'objet de polémique sur la liberté d'expression et de diffusion sur internet au point que le gouvernement américain a souhaité fermer le site, après la diffusion de documents compromettants sur l'armée américaine.  "Certaines informations peuvent avoir une valeur pour les services de renseignements étrangers, pour les forces militaires étrangères, pour les insurgés étrangers, et pour les groupes terroristes étrangers pour collecter des informations ou préparer des attaques contre les forces américaines" est l'explication officielle reprise par le Nouvel Observateur, le 15 mars dernier.

WikiLeaks reste actuellement ouvert.

Nécessairement, les associations qui travaillent sur le sujet sont récentes et bonnes utilisatrices du web. Citons en exemple : Internet Sans Frontières né en mars 2008 (fondé par Christophe Ginisty) qui organise un colloque en mai sur le thème de la liberté d'expression sur internet ainsi que des formations au web pour les associations. Nous vous invitons à visiter leur site web, très riche d'articles et de ressources et à les suivre via twitter.

Vous pouvez également aller parcourir le site de la campagne Irrepressible d'Amnesty International. Démarré en 2006, cet appel à signature continue et à réuni 84 783 signatures depuis sa mise en ligne.

Au niveau juridique, certains pays prennent la tête de la défense des libertés  : la Finlande reconnait Internet comme un droit fondamental pour tous citoyens et l'accès au web dans chaque foyer. On peut également citer l'Islande, futur Eldorado des internautes, qui travaille sur l'Icelandic Moderne Media Initiative (IMMI), loi protégeant les libertés sur le net, la transparence et l'indépendance.

Le Prix du Net Citoyen

parvin.jpgDans ce tourbillon, RSF a lancé son premier prix du Net Citoyen, en partenariat avec Google. Il récompense  ceux qui se battent pour la liberté d'expression sur le web, blogueur, journaliste  ou cyberdissident.

Etaient nominés : la philosophe et blogueuse Yoani Sanchez à Cuba, le journaliste Tan Zuoren en Chine, le blogueur Tamer Mabrouk en Egypte, les administrateurs du site ingushetiyaru.org en Russie et le militant Nguyen Tien Trung au Viêt-Nam.

Ce sont les cybers féministes iraniennes du site www.we-change.org qui ont remporté le prix. Né en 2006, afin de promouvoir une campagne contre les lois discriminant les femmes, le site est aujourd'hui la référence dans le pays en matière d'information sur le droit des femmes. Parvin Ardalan, l'une des fondatrices, militante, journaliste et blogueuse s'est vu remettre le prix par le journaliste français Jean-Marie Colombani.

souris.png

Pour accompagner ce prix, RSF lance une campagne web via le téléchargement gratuit d'un pictogramme d'une souris d'ordinateur se libérant de ses chaînes, à insérer dans les signatures de mails, de sites ou de blogs.

 

La liberté d'expresion a donc été à l'honneur tout au long du mois de Mars 2010. Avec en guise de chute, la rupture entre Google et l'administration chinoise. Le 22 mars, le moteur de recherche a annoncé être fatigué de censurer en fonction du bon vouloir du gouvernement, être lassé d'être la victime d'attaques non assumées. A défaut d'accords communs, il préfère se retirer de la sphère chinoise. Les internautes  chinois sont désormais redirigés sur le Google de Hong Kong où la censure est moins importante et les caractères chinois simplifiés. Mais que nous résèrvent les quelques jours restant avant avril ?

pour aller plus loin.jpg

Acta :

La Quadrature du Net dévoile une partie du texte de l'Acta - 23/03/2010

Propriété Intellecteuelle, le coup d'Etat, par le blog du Monde Diplomatique - 20/03/2010

Acta: le gouvernement français se rebelle, la France reste muette, par le blog Ecrans de Libération - le 19/03/2010

L'IMMI en Islande :

L'Islande pourrait être un refuge pour les journalistes, par Euractiv - le 10/02/2010

WikiLeaks :

Censure: Le gouvernement américain envisage de détruire Wikileaks, par le Nouvel Obs - le 15/03/2010

Wikileaks décrété "menace pour l'armée par le Pentagone, par Rue 89 - le 20/03/2010

Google en Chine :

Historique: Chine: Google plierait ses bagages le 10 avril, par Silicon.fr, le 19/03/2010

Pour contourner la censure chinoise, Google se replie vers Hong Kong, par Le Monde - le 23/03/2010

Google arrête de censurer la Chine, par RSF - le 22/03/2010

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