mardi, 18 mai 2010

6e journée mondiale de lutte contre l'homophobie

Solidaires du monde s'est associé à la 6e journée mondiale de lutte contre l'homophobie, qui a eu lieu le 17 images.jpgmai dernier. L'occasion pour SOS Homophobie de publier son rapport annuel. Une lutte, qui n'est pas prête de s'essouffler.

L'homophobie comme crime

L'homophobie est la manifestation, avouée ou non, de discrimination, d'exclusion ou de violence à l'encontre d'individus, de groupes ou de pratiques homosexuels ou perçus comme tels. Or, aujourd'hui l'homosexualité est un délit dans 80 pays dont 7 qui délivrent la peine de mort ! Selon Joël Bedos, secrétaire général de l'Idaho (International Day Against Homophobia and Transphobia) dans l'émission « Ménard sans Interdit » le 17 mai sur i Télé« Ceux sont globalement les mêmes pays qui condamnent des libertés individuelles, telles que le port du pantalon par des femmes, ou la liberté de la presse. Certains utilisent la Charia pour imposer une dictature et ce type de sanction, même si ce n'est pas systématique. »

En effet, l'organisateur de la journée rappelle qu'en Ouganda, par exemple, pays catholique, le gouvernement projette de rétablir la prison à vie pour homosexualité et la peine de mort pour récidive. Le site Internet Avaaz se bat contre ce projet de loi et invite tous les internautes à signer la pétition (plus d'infos sur la note : Internet, exutoire des homophobes).

les condamnés.JPGL'excellent ouvrage "Dans mon pays, ma sexualité est un crime", de Philippe Castetbon, journaliste indépendant, propose des témoignages issus de la Toile. Bouleversant, les histoires et photos présèrvent l'identité d'homosexuels de 51 pays qui vivent leur relations amoureuses en cachette, sous peine d'être exclu, violenté, emprisonné voir pendu.

Solidaires du monde salue par ailleurs, l'action  d'associations plus ou moins grandes, présentes sur la plateforme comme Alternative Cameroun par exemple. L'association militante, se bat pour la défense des alternatives cameroun.JPGDroits de l'Homme et offre un appui juridique aux homosexuels risquant l'emprisonnement. Alternative Cameroun est effet, née le 14 avril 2006, de l'incohérence entre les incarcérations des homosexuels "civils" et la tranquillité des homosexuels chez les politiques, notamment présents sur les listes électorales. Le volet santé & prévention s'est développé avec le temps. Enfin le lieu est devenu un espace de confiance, où les homosexuels peuvent partager sans se cacher. La prise en charge s'est élargie à tous les domaines, donnant suffisamment de force et de crédibilité pour tenter, à moyen terme, de faire pression et d'être reconnu.

Sans titre.JPGLa bataille n'est pas perdu d'avance, au contraire. De plus en plus de pays reconnaissent de plus en plus de droits aux homosexuels. En Europe, le mariage gay est autorisé et reconnu dans six pays : la Belgique, l'Espagne, les Pays-Bas, la Norvège, la Suède et mardi 18 mai dernier, le petit nouveau : le Portugal. Ce pays catholique, traditionnel, qui considérait encore l'homosexualité comme un crime en 1982, vient d'autoriser le mariage des homosexuels, et ce malgré les protestations du Pape Benoit XVI.

En France

Concernant la France, Joël Bedos reconnait une amélioration accompagnant la modernité occidentale et l'évolution des mœurs. L'homosexualité est globalement bien acceptée socialement et professionnellement. Là où le bas blesse, concerne l'aspect légal, où le statut est loin d'être égalitaire à l'hétérosexualité, notamment concernant le mariage, le PACS, et l'adoption. « C'est surtout ici, que l'on peut parler d'homophobie en France. L'homophobie ne veut pas dire nécessairement une envie de tuer, ou une intolérance type raciste des homosexuels, mais une absence d'égalité d'avec les hétérosexuels. Au même titre que les blancs et les noirs. Ils sont différents mais égaux. Voila le combat pour la France. »

Dans le rapport de SOS Homophobie, cependant, on note une stabilisation des témoignages, avec un peu moins de 1 300 plaintes par an. Cela ne recule donc pas. Pour la première fois, Internet remporte la première place des plaintes, avec 16 % des appels. Viennent ensuite, les situations professionnelles (14 % des coups de fil), puis de voisinages, et familiales. Pour 80 % il s'agit d'exemple d'homophobie que de lesbophobie et de transphobie. Marion Le Moine, rédactrice du rapport, note que les cas de lesphobies sont plus difficiles à décrypter dans la mesure où ils mêlent le sexisme et l'homophobie.

Quelles actions cette année ?

Pour l'édition 2010, l'appel est lancé auprès des religieux. Louis-Georges Tin, universitaire et créateur de la journée explique : « Il y a des intégristes, partout dans le monde, qui utilisent la foi pour justifier leurs discours homophobes ou transphobes ». Des propositions telles qu'un colloque à l'Assemblée Nationale a été organisé rassemblant les représentants des grands cultes français : christianisme, judaïsme, islam et bouddhisme. Autours de questions telles que « Etre homosexuel et croyant est-ce possible en 2010? Quelles sont les positions des religions face à l'homophobie et la transphobie ? », les acteurs ont été invités à une réflexion concrète, moderne et discutable : ne pas forcément approuver l'homosexualité et la transsexualité, mais lutter contre l'homophobie et la transphobie. Une prière universelle contre l'homophobie et la transphobie, élaborée conjointement par le comité de pilotage IDAHO et l'Eglise de France est proposée aux paroisses en France, et au Canada.

De plus, une campagne IDAHO, portée par des associations comme la FIDL, le CAELIF, le MAG et bien d'autres seront proposée au sein des programmes scolaires. En guise de provocation, de combat, de revendications et de fête, les actions se sont multipliées dans plus de 50 pays. Au pied de la Tour Eiffel, on a pu assister à un Kiss-in, en simultanéïté dans 20 autres pays. L'occasion de s'aimer tous ensemble, en même temps.

pour aller plus loin.jpg

 

Lire l'article : « Internet, exutoire des homophobes » sur le blog Regards sur le web.

Point historique : Le 17 mai 1990, l'Organisation mondiale de la Santé supprimait l'homosexualité de la liste des maladies mentales. Depuis 2005, la journée internationale de lutte contre l'homophobie et la transphobie est organisée symboliquement à cette date. L'édition 2009 était plutôt consacrée à la lutte contre la transphobie, cette année.

Pour info: l'émission "Ménard sans interdit", sur i Télé, est présenté par Robert Ménard, fondateur et ancien président de Reporters sans Frontières.

Pétition d'Avaaz contre le projet de peine de prison et de mort en Ouganda
Présentation de l'association Alternatives Cameroune en vidéo

Lire le rapport 2010 de SOS Homophobie ou regarder le résumé en vidéo

Présentation du colloque
Présentation d'Entrée payante
Homophobie.org
: Site spécialisé sur la journée du 17 mai

Le Monde : Les agressions homophobes progressent en 2009
Tetu: Interview de Louis-Georges Tin

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10:36 Publié dans Evénements solidaires | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : 17mai, avaaz, cameroun, homophobie, idaho, kiss-in, lutte, ouganda, sos homophobie |

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